Corps et âme, un brun vaut une brune

Une vengeance à la hauteur des talents d’une reine du bistouri, Frank Kitchen, tueur à gages sans états d’âme et beau gosse ne s’attend pas à ce qui va lui arriver. Il n’aurait pas dû abattre un roi de la mode dont la sœur est chirurgien plastique au cerveau en vrac. Dans Corps et âme, Walter Hill, Matz et Jef au dessin signent un polar sans concession et d’une originalité troublante. Attention, on s’accroche aux branches.

Corps et âme Kitchen est un tueur professionnel, prudent, efficace et qui n’aime pas qu’on le prenne pour un abruti. Ceux qui ont essayé sont morts. Après son dernier contrat, il hérite d’une autre cible et il se met au vert pour préparer son coup. Il tombe par hasard sur sur une belle brune, Johnnie, avec laquelle il entame une liaison. Fatale. Assommé et blessé, il se réveille emballé dans des bandelettes. Désormais Kitchen est une femme de A à Z. Mais ses capacités de tueur sont intactes et il lui faut trouver qui est à l’origine de cette métamorphose par tous les moyens. Et la gâchette facile, il ou elle l’a Kitchen qui va vite s’apercevoir que la douce Johnnie n’est pas pour rien dans sa nouvelle apparence.

Un docteur Mengele fou de dissection et de chirurgie inavouable, une vengeance hors normes, des truands qui se font dégommer à tour de bras, et une Frank Kitchen qui va rendre la monnaie avec intérêts. Ce polar complètement déjanté, hors de tous les sentiers battus, mené de mains de maître par Walter Hill et Matz repose sur une très efficace mise en scène de Jef dont le dessin est d’un réalisme somptueux. Du lourd.

Corps et âme, Rue de Sèvres, 18 €

Corps et âme