Le Detection Club, les recettes d’un bon polar

Jean Harambat avait étonné, séduit, accroché avec son Opération Copperhead dans laquelle il avait mélangé histoire vraie, grande Histoire et anecdotes sous un trait léger et heureux. Ses héros, Peter Ustinov et David Niven, faisait prendre à Adolf des vessies pour des lanternes. Il y a deux ans, Harambat nous avait annoncé que son prochain album surferait sur le même principe d’authenticité. Avec cette fois comme héros, les plus célèbres auteurs de polars dans les années trente à laquelle il ajouterait une pointe d’intelligence artificielle. C’est fait. Agatha Christie et ses copains ont débarqué dans une île paumée. Le Detection Club, qui a bien existé va avoir un meurtre à élucider. En finesse, par déduction, en souplesse, et avec des détectives qui veulent à tout se montrer les meilleurs.

Le Detection Club

Le Detection Club a des principes pour écrire un bon roman policier. Ses membres, d’Agatha Christie à John Dickson Carr nouvellement recruté, ont rédigé les dix règles d’or de ce que doit être un vrai polar de qualité. Le Président du club Chesterton, lors d’un diner de tous les membres reçoit une invitation portée par un volatile en fer, un automate. Le Detection Club est invité sur une île de Cornouailles par Roderick Ghyll à la villa Briarcliff. Tous acceptent car c’est à la création de l’œuvre policière parfaite qu’on les convie. Excentrique et inventeur, Ghyll accueille les sept plus grands romanciers des années trente. Avec lui sa belle-fille, sa femme, un valet chinois et un robot, automate-détecteur, Erik, qui selon Ghyll peur résoudre toutes les énigmes.

Le Detection Club

Le décor est planté. Harambat ouvre sa scène, son théâtre et il ne manque plus que le meurtre qui va pouvoir lancer ses héros célèbres sur la piste de l’assassin. Mais cela c’est dans l’album bien sûr qui se déguste en douceur, en lisant avec attention les encarts dont Harambat a peuplé ses pages dessinées. On retrouve toutes les références littéraires nécessaires qui réjouiront les fans de polars classiques. L’écriture d’Harambat est subtile, à la fois enjouée et sérieuse, le langage pointu. Il fait monter la pression, embarque sur de fausses pistes, laisse l’imagination du lecteur gambader pour mieux la remettre dans le droit chemin. Le dessin est à la hauteur de l’humour qu’il déploie dans cet album réjouissant.

Le Detection Club, Dargaud, 19,99 €