
Une BD témoignage, reportage sur un enfant soldat en Colombie. La guerre civile y règne depuis 1948. 300 000 morts en dix ans, la drogue et une situation politique instable. Guérillero c’est le parcours d’un gamin qui fuit la pauvreté et la peur du père, qui peu à peu est complètement investit par une idéologie terrifiante mais logique dans son environnement Les Forces armées révolutionnaires de Colombie, les FARC sont la cible d’une guerre totale du président Alvaro Uribe d’extrême droite. Aujourd’hui des accords fragiles ont été passés avec la présidence de Gauche. Alberto, le héros de cette (longue) histoire vit cette période mais voudra s’en sortir, se réinsérer. Maria Isabel Ospina a écrit le scénario et Jean-Emmanuel Vermot-Desroches est au dessin de cette histoire authentique.

Alberto raconte son histoire, sa famille dans un petit village en haut d’une montagne colombienne. Une vie pauvre et difficile, l’école où il faut aller à pied dans la nuit. La guerre gronde autour de lui et son père est très violent, bat sa mère. Des scènes de vie, la jeune soeur Francy, l’armée qui verrouille tout. Une saga familiale, Alberto présente les siens, mais aussi les forces en présence avec une alternance entre couleurs et noir et blanc. Premiers contacts avec les guérilleros. Alberto ne va plus à l’école et un jour les FARC débarquent chez lui. Terrorisé par son père il demande aux FARC de le prendre avec eux. Ils acceptent lui promettant qu’il pourra les quitter quand il veut. Sa soeur Francy est aussi enrôlée. Grande tristesse du petit frère Jhon au départ d’Alberto. On lui change son prénom. Il sera Jorge, sa soeur Tania. Corvées, entrainement, nettoyer une arme. Il a 11 ans, un pistolet à la ceinture et croise son père. Premier combat face à l’armée, amourettes, mort de son père.

Des histoires très courtes qui sont en fait des anecdotes, des souvenirs chronologiques avec une montée en puissance à la fois émouvante et terrifiante. Alberto finira par réaliser qu’il est pris au piège et arrivera avec sa soeur à s’évader, quitter les FARC. Et retrouver une vie normale en partie parce que le fait d’avoir appartenu aux FARC lui a ouvert des portes pour se réinsérer dans un programme, faire des études. Mais combien on pu s’en tirer comme lui ? Et où va la Colombie aujourd’hui dans le collimateur de Trump ? C’est une autre histoire mais les deux sont liées.
Guérillero, 224 pages, Dargaud, 25 €

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