Hypnos, anarchisme et révolution

Une jeune femme au passé mystérieux au début des années 20 et douée de pouvoirs hypnotiques, des anarchistes, Clémenceau, cette nouvelle série signée Laurent Galandon (L’Appel) et Futaki au dessin innove et séduit. On sort des sentiers battus avec Hypnos qui met en scène une future agent des services secrets français au lendemain de la Grande Guerre. Beaucoup d’idée dans ce premier tome qui place le personnage tout en déroulant une intrigue qui se suffit à elle-même.

HypnosLa révolution russe n’a pas que des amis mais la France exsangue en 1918 n’a pas vraiment envie de repartir en guerre. Camille Harland a deux boulots, de l’usine à femme de ménage chez des rupins. Mais virée de l’usine elle va devoir trouver d’autres moyens pour soigner sa petite fille tuberculeuse. Son mari a été fusillée pour rebellion. Camille se laisse tenter par une carrière de courtisane haut de gamme et se sert de son pouvoir d’hypnotiseuse pour dévaliser un client. Mais elle est arrêtée et blesse deux policiers. Internée dans un asile elle se lit d’amitié avec Albertine, une femme qui veut être sa fille et trimbale une poupée, Marys. Albertine et Camille s’évadent et aboutissent chez de curieux personnages, des anarchistes pour lesquels Albertine préparait des bombes. Camille réussit à l’hypnotiser.

Le suspense ne tient pas longtemps la route. On se doute bien que le hasard aurait trop bien fait les choses. Elle a une drôle de caractère la future agente de Clémenceau qu’elle n’aime pas beaucoup. Elle est prête à aller loin si sa fille est correctement soignée et en prime elle est douée. Elle garde ses secrets mais, après ce galop d’essai très réussi, on se demande vers où Galandon va l’emmener par l’intermédiaire de son ineffable  officier traitant. Le dessin semi-réaliste et bien cadré de Attila Futaki qui a beaucoup travaillé sur des comics s’impose dans ce premier travail européen.

Hypnos, T1 – L’Apprentie, Le Lombard, 13,99 €

L'Apprentie