Avec L’Appel, Dominique Mermoux en dédicace chez Azimuts à Montpellier le 12 novembre

Avec l’Appel Dominique Mermoux qui vit à Montpellier a dessiné le destin sans retour d’un jeune homme radicalisé et parti faire le Djihad en Syrie. Sa mère tout au long du récit écrit par Laurent Galandon en est le fil rouge. Elle est censée trouver les raisons, comprendre ou pas les causes de ce départ vers l’absurde et la violence que doit expliquer l’environnement initial injuste du candidat au martyre. Un sujet difficile que traite de façon tragique mais aussi avec un manque parfois de recul ce roman graphique qui se laisse déborder par les sentiments trop faciles malgré une bonne volonté évidente. Dominique Mermoux sera en dédicace à la librairie Azimuts le 12 novembre à Montpellier à partir de 15 h.

L'AppelCécile vit avec son fils Benoit qui vient d’avoir le bac. Ils ont quitté la banlieue où Benoit avait grandi auprès de ses deux amis, Bilal et Baakari avec lesquels il formait un trio Black, Blanc, Beur. Bilal est mort à la suite d’une interpellation musclée par la police pour trafic de drogue. Bilal était en fait malade et Benoit témoin de la scène. Son témoignage est refusé par la police.  Ce sera une des raisons, mais pas la seule, de sa conversion à l’Islam et à son départ pour la Syrie dont il prévient sa mère une fois arrivé en Syrie.  Cécile va alors suivre la piste de son fils et tenter de comprendre pourquoi il en est arrivé là. Petit à petit, de son ex-compagnon Sofiane à Baakari, les mails échangés par Benoit avec un réseau d’embrigadement, tous les indices et témoignages concordent. Benoit a trouvé la foi et est allé défendre les opprimés en Syrie.

Vendre de la drogue pour payer la cause, le pas si méchant dealer assassiné, l’imam persécuté par les infidèles, même si le fond de l’histoire, la détresse d’une mère, le problème tragique et hors normes auquel des familles sont confrontées aujourd’hui est d’actualité, le traitement global du sujet n’est pas assez maîtrisé. La part de tragédie romanesque dont une fin qui résout moralement le problème ne donne pas de réponses claires si tant est effectivement qu’on puisse en trouver, risquant même de fausser la vision de cet acte suicidaire. Dernier point, le fait que Cécile la maman attende pratiquement jusqu’à la fin, contrainte et forcée, de signaler le départ de son fils aux autorités. Le contraire n’aurait rien changé véritablement à l’histoire mais aurait montré comment il faut agir en priorité dans ce cas, en sachant que c’est plus facile à écrire qu’à faire. Le dessin de Dominique Mermoux en teintes grises, noires, expressif donne un vrai relief au drame qui se joue au fil des pages et qui ne peut cependant laisser insensible.

L’Appel, Glénat, 17,50 €

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