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Frankenstein, David Sala pour une adaptation artistique

Un classique certes de la littérature anglo-saxonne, du cinéma si souvent filmé, et de la BD tout autant adapté, après Bess, Mignola, Steve Niles,  Au nom du père, Frankenstein s’offre une balade cette fois très artistique par le très doué David Sala aux pinceaux et découpage. En peu de cases par planche. Lire son album est comme visiter une exposition tant son travail explose au fil des pages, joue sur des couleurs parfois joyeuses qui ponctuent assez paradoxalement les sentiments de la créature qui n’a plus les boulons de Boris Karlof. Mary Shelley en eut été sûrement ravie.

Il cherche sur la glace le bon docteur Victor Frankenstein celui qu’il a créé de bric et de broc, sa créature à la force herculéenne. Victor veut mourir. Et se souvient de son ami Clerval, d’Elisabeth sa soeur adoptée. Victor part pour acquérir de nouvelles connaissances. Il veut créer la vie et a tout étudié sur le sujet pour se servir de procédés alchimiques. Un universsitaire Waldman devient son interlocuteur avec ses théories. Le principe de vie va-il se livrer ? Lié à celui de la mort et le docteur parcourt les cimetières espérant l’impossible. Peu à peu sa créature prend forme et il lui insuffle l’étincelle de vie. Un être qu’il juge abominable a ouvert les yeux. Victor s’enfuit, rencontre Clerval et tombe malade. A son retour le monstre a disparu. Victor oublie alors que sa créature se sent abandonné par son géniteur. Justine fille adoptée est de retour. Le monstre est sauvé par une jolie jeune fille qui ne voit que son humanité et va le payer cher.

L’histoire en tant que telle ne devrait plus avoir de secrets mais le tour de force de Sala est de lui donner un nouveau souffle, pratiquement la faire découvrir et surtout de jouer avec un graphisme et des couleurs incroyables. On a envie d’y croire, se prendre d’amitié pour la créature qui pourtant ira au bout de sa vengeance. Le monstre aurait pu être un grand coeur sensible mais Frankenstein est un arriviste qui le payera cher. Une part de poésie, d’émotion, de sensibilité, Sala est investi par l’œuvre qu’il réinvente avec un talent palpable très visuel.

Frankenstein, 220 pages, Casterman, 28 €

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