Récemment il y a eu celui de Bess, de Mignola, de Steve Niles pour faire court. Frankenstein depuis que la très chère Mary Shelley lui a donné vie est devenu un classique de la littérature et surtout le top des adaptations diverses et variées, cinéma avec le très marquant Boris Karloff et ses vis dans la tête, BD on l’a dit, comédie avec le Junior de Mel Brooks. On va donc en ajouter un à la liste, Frankenstein ou le Prométhée moderne. Pour info Prométhée est connu pour avoir dérobé le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains. Pas content, Zeus le condamne à être attaché à un rocher sur le mont Caucase, son foie dévoré par l’Aigle du Caucase chaque jour, et repoussant la nuit. Joyeux et destin qui ressemble à celui de Frankenstein. Ce sont cette fois aux commandes du monstre sentimental Sergio A. Sierra (Hel’Bar) et Meritxell Ribas Puigmal, de la belle école hispanique dans la lignée des talentueux Javi Rey, Raule, Morancho, Guarnido ou Mirallès. Un album qui a en particulier était fait avec la technique de la carte à gratter, une base noire que l’on épluche, creuse trait par trait. Le résultat est bluffant. A noter que c’est une réédition de chez Petit à Petit de 2009.

Un naufragé recueilli sur la banquise, le docteur Victor Frankenstein qui traque un homme. Il se confie au capitaine, lui raconte sa vie qui aurait pu être heureuse si il n’avait pas voulu jouer avec les lois de la vie. Une famille mais des lectures qui peu à peu le perdent, la mort de sa mère, la découverte de la force électrique, l’université où il se passionne la chimie, devient un savant reconnu. L’origine de la vie, la mort et il se met à la physiologie, l’anatomie. Un cadavre par ci un autre par là, il réussit à donner vie à une créature terrifiante. Panique à bord et dépression sauf que le monstre (Frankenstein c’est le docteur pas la créature) s’est fait la malle tout en en revendiquant qu’il est son père et doit l’aimer.

Tout est là en faut dans Frankenstein, la reconnaissance pour celui à qui on a donné la vie mais qu’en réalité on hait. De grands yeux rouge, des dommages collatéraux, des discours très philosophiques et de la pitié pour cette créature jouet d’un cerveau malade qui va la mépriser. L’album est vraiment superbe et le auteurs ont trouvé un sens de la narration qui fait pratiquement redécouvrir l’oeuvre. Ce qui n’est pas rien. Le rouge est mis, les remords dépassent la haine, des cahiers explicatifs très détaillés en fin d’album apportent beaucoup sur Shelley, son destin pas joyeux, les origines du roman. Un album à garder en bibliothèque.
Frankenstein ou le Prométhée moderne, Aventuriers d’ailleurs, 22,90 €

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