Frankenstein : la créature veut la paix

Il a été décliné sous toutes les formes possibles. La créature du bon docteur Frankenstein est un classique du genre depuis son invention par Mary Shelley. Parenthèse, c’est quand même le Frankenstein Junior de Mel Brooks qui reste le plus incroyablement drôle et novateur. Et donc voici Mike Mignola à la manœuvre pour ce Frankenstein détesté et qui a des états d’âme. Un one-shot haut de gamme.

Frankenstein UndergroundOn le retrouve au Mexique le monstre du docteur et il raconte comment il souffre que personne ne l’aime. Il fait des cauchemars et se souvient de ses galères passées avec entre autres le marquis de Fabre. Une innocente va payer pour lui. Et ça va l’agacer le grand brun à boulons. Sous terre il est aspiré par un nautile géant dans un monde préhistorique oublié. La Vierge Marie aura-t-elle pitié de lui ? On est dans l’univers des Morlocks de Wells. La Terre est creuse et un homme y règne en maître qui veut percer le secret des hyperboréens.

En somme, la créature de Frankenstein adorerait qu’on l’oublie. Il a un bon fond mais intéresse trop scientifiques et gourous divers. Mignola fait un pot-pourri des influences et des pouvoirs dont le monstre plus humain que jamais est la victime. Une sorte de renaissance, c’est ce que lui offre le père de Hellboy dans des univers qui se découvrent peu à peu. Ben Stenbeck est au dessin, Dave Stewart aux couleurs. Un trait solide et très évocateur, empreint aussi de compassion et de tendresse.

Frankenstein Underground, Delcourt comics, 15,95 €