Archives : les exploits sportifs de Nicolas Debon

Son dernier album, c’est Marathon. Comme il le fait depuis ses débuts en BD avec Le Tour des géants puis L’Invention du vide, Nicolas Debon sait sortir de l’anonymat ou de l’oubli des exploits sportifs hors normes. On suit Nicolas Debon à la trace car chacun de ses rares albums est un vrai bonheur d’émotion, de tendresse et de talent aussi bien scénaristique que graphique. Voici les textes parus dans Midi Libre pour ses premiers albums alors qu’il vient une fois de plus de nous embarquer dans une histoire bouleversante, celle de Boughéra El Ouafi héros oublié des J.O. de 1928 à Amsterdam. A noter que Nicolas Debon était venu à Sérignan où il avait été primé et aussi en dédicace à Montpellier. On le reverrait avec plaisir. J-L. TRUC

Le Tour des Géants, souffrance et abnégation

Le Tour des Géants

Ils sont 110 au départ de ce huitième Tour de France. Quarante seulement seront à l’arrivée des 4735 kilomètres parcourus par le peloton. Et pour la première fois dans son histoire le Tour va gravir les cols des Pyrénées. Un défi incroyable pour l’époque. En racontant étape par étape les péripéties de ce Tour mythique dans lequel vont s’affronter deux géants, Faber le luxembourgeois et Lapize surnommé Tatane, sous l’œil d’un troisième larron, Garrigou alias le Dandy, Nicolas Debon fait ses débuts en BD. Avec brio et panache comme celui de ces forçats du vélo dont il nous raconte l’épopée faite de souffrance et d’abnégation. On reste interloqués par les conditions dans lesquelles les coureurs en 1910 s’élançaient sur le Tour. Les vélos commencent à peine à bénéficier des innovations techniques dont les freins, la roue libre et, incroyable, la roue arrière que l’on retourne dans les montées pour démultiplier les pignons. Un seul vélo poinçonné servira à toute l’épreuve.

Le Tour des Géants

Les contrôles sont draconiens malgré l’absence de signalisation et des routes abominables. Si les coureurs sont aidés ils payent des amendes. A eux de réparer en cas de crevaison. Sans oublier que déjà fleurissent sur le Tour, hormis l’alcool, des produits dopants comme l’éther. Une vraie leçon d’Histoire et un grand coup de chapeau aux fous de la petite reine de 1910 dont la plupart seront tués en 1914 comme Lapize pilote de chasse. Cet album se dévore d’une traite. On en savoure toutes les étapes.

Le Tour des géants, Dargaud, 14,99 €

Le Tour des Géants

Nicolas Debon était à Montpellier en 2009 à la librairie Azimuts

Alors que la Grande Boucle passe dans la région, la saga du Tour s’offre une première, une BD qui raconte par le détail une édition mythique, celle de 1910. Ils étaient 110 au départ du huitième Tour de France. Quarante seulement seront à l’arrivée des 4 735 kilomètres parcourus par le peloton en passant par Nîmes et Perpignan. Et pour la première fois dans son histoire le Tour allait gravir les cols des Pyrénées. Un défi incroyable pour l’époque. Nicolas Debon, scénariste et dessinateur de ce Tour des Géants (Dargaud, 14,50 €) s’est lancé « sans vraiment réfléchir dans l’aventure et sans connaissances particulières en cyclisme ». Un novice, Debon qui a traité son sujet « comme une enquête pour que le côté humain fonctionne ». Il raconte étape par étape les péripéties de ce Tour mythique dans lequel vont s’affronter  Faber le Luxembourgeois et Lapize surnommé Tatane.

Pour ses débuts en BD, Nicolas Debon déroule son Tour avec brio et panache comme celui de ces forçats du vélo dont il nous raconte l’épopée faite de souffrance et d’abnégation. Incroyables les conditions dans lesquelles les coureurs en 1910 s’élançaient sur le Tour. « Qui se souvient, renchérit Debon, que les vélos commençaient à peine à bénéficier des innovations techniques, les freins, la roue libre et, incroyable, la roue arrière que l’on retourne dans les montées pour démultiplier les pignons. » Debon montre les contrôles draconiens malgré l’absence de signalisation et des routes abominables. Si on aide les coureurs ils sont mis à l’amende. A eux de réparer en cas de crevaison. Une vraie leçon d’Histoire et un grand coup de chapeau aux fous de la petite reine de 1910.

Nicolas Debon primé au Festival de Sérignan en 2010 pour le Tour des Géants

Nicolas Debon
Nicolas Debon. JLT ®

Nicolas Debon a été primé samedi soir à Sérignan dans le cadre du 15e festival. Il a reçu le prix de la ville qui récompense traditionnellement un premier album. C’est le maître italien de la ligne claire qui lui a remis le prix. Vittorio Giardino, auteur entre autres de Max Fridman, était l’invité d’honneur de Sérignan.

Alpinisme : l’Invention du vide avec Nicolas Debon

L'Invention du vide

On l’attendait. Avec à la fois impatience et un brin de tension. En 2009 Nicolas Debon avait fait une entrée fracassante dans le milieu des beaux talents de la BD. Pour son premier album en solo, Le Tour des géants, il plongeait et nous à sa suite, dans le peloton des coureurs du Tour de France à la veille de la guerre de 14. Une merveille d’émotion, de rigueur, de force et de tendresse pour un monde de héros humains dans un enfer, celui du Tour de France avec les premières étapes de montagne. Le dessin léger et précis, les couleurs rehaussant la personnalité des coureurs, la force des décors, Debon avait fait un sans faute. Cette fois, on le savait, il nous entraîne à la suite d’alpinistes pionniers. Burgener, Mulmery et Venetz vont en 1881 gravir l’aiguille du Grépon, le défi invincible pour l’époque. Des moyens dérisoires, un bâton, un piolet et du whisky, les trois hommes sont un peu fous mais décidés.

L'Invention du vide

En adaptant le souvenirs de l’un de ces pionniers de l’alpinisme moderne, Debon a mis en scène un exploit comme il les aime, fragile, avant tout humain, sans technologie, à la force du courage et de la volonté. On est toujours subjugué par le dessin et le découpage, les couleurs de Debon qui est aussi un illustrateur de livre pour enfants. Un vrai bonheur que de s’accrocher aux pages de cet album à la suite d’un trio remarquable. Debon, en prime, rappelle en fait les débuts de l’alpinisme, une leçon d’histoire et un album très réussi.

L’Invention du vide, Dargaud, 16,45 €

L'Invention du vide