On ne croyait pas si bien dire. Après celui de Bess, de Mignola, de Steve Niles, Frankenstein est au top des adaptations diverses et variées, cinéma avec le très marquant Boris Karloff et ses vis dans la tête, BD on l’a dit, comédie avec le Junior de Mel Brooks. On avait ajouté récemment à la liste, Frankenstein ou le Prométhée moderne. A noter que c’était une réédition de chez Petit à Petit de 2009. Voici que Frankenstein au nom du père arrive pour se joindre à la liste. C’est plus une digression qu’une adaptation librement inspirée de l’oeuvre originale. Marco Cannavo au scénario, Corrado Roi au dessin ont mis en perspective la création, la vie du monstre de Shelley. Il va avoir des états d’âme, un désir inassouvi de papa gâteau et donc se fait un plaisir de lui faire du tort au bon docteur Frankenstein. Très noire cette version, graphiquement impressionnante.

Une grande actrice est poignardée dans la rue. Chez Frankenstein dans ses sous-sols à Genève, la créature s’énerve, victime de cauchemars. Sa préceptrice entre pour lui donner des leçons, lui apprendre à parler, l’éduquer. Un avant. le docteur Frankenstein s’est basé sur les travaux de Paracelse sur la conservation de la matière organique. Il doit aller avec un ami à une conférence d’Aldini qui traite de la possibilité de ressusciter les morts. Son ami le laisse car il doit rejoindre une jeune femme. Dans la salle de dissection Frankenstein découvre que Galvani , oncle d’Aldini avait inventé une machine électrique qui rend vie aux muscles d’une tête coupée. Le docteur lui achète les quatre piles qui existent. Après avoir récupéré trois cadavres il crée une créature dans son laboratoire malgré l’aversion du recteur de la Faculté. La créature vit et Frankenstein lui dit qu’il est son père. Elle s’enfuit dans la rue, tue des cavaliers et peu à peu s’instruit, devient civilisé malgré un physique repoussant.

Prométhée, nom de la créature donné par la belle Elisabeth fiancée du docteur ne le laisse pas indifférent. Devant les membres de la Faculté les ennuis vont commencer. Agaçé Prométhée fait le ménage. Ce sera donc ensuite un parcours chaotique d’un monstre ou considéré comme tel en mal de sentiments. Une relation ambiguë entre le créateur, le père et le fils, la recherche de la créature en fuite, les femmes qu’ils ne peut avoir et la vengeance, cette version est très originale, prenante, superbement dessinée en noir et blanc. Le mythe est revisité avec beaucoup de talent et d’ingéniosité. Mais horrifique au maximum et en mal d’âme soeur.
Frankenstein – Au nom du père, Glénat, 22,50 €

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