Seul au monde, émotion à vif

Sans être un voyant extra-lucide, peu d’albums parmi la vague de la rentrée auront une charge émotionnelle aussi forte que Seul au monde. Adapté du livre du navigateur Sébastien Destremau par Serge Fino, on y découvre le combat sans pitié d’un homme dont l’enfance n’a pas été un chemin très tranquille, coupé de toute affection de la part de son géniteur et qui va se lancer, novice inconscient, dans le Vendée Globe par défi. Il mettra un point d’honneur à finir la course au prix d’efforts surhumains. Mais avant de prendre la mer pour cette aventure à la hauteur de son courage, Sébastien Destremau va tenter de réunir les capitaux nécessaires et trouver un bateau. Sortie le 28 août 2019.

Seul au monde Le Vendée Globe est un défi permanent. Et quand on s’appelle Sébastien Destremau, qu’on en est la lanterne rouge en 2017, on a plein de pensées qui se télescopent dans la tête, aussi rapides, fortes que les vagues qui frappent la coque du bateau. En 1973, il a déjà les pieds sur le pont d’un (petit) bateau. Et joue de la godille sous les invectives d’un père qui ne lui laisse rien passer. Au contraire. Sébastien est la tête de turc, l’incompétent face à un homme qui parmi ses cinq enfants l’a choisi comme punching-ball. Quand il sera grand il lui montrera ce dont il est capable, l’obligeant à reconnaître qu’il s’est trompé injustement. Le Vendée Globe va durer quatre mois pour Sébastien Destremau. Et il va le faire jusqu’au bout. Mais avant vive la galère pendant quatre ans pour arriver à boucler le budget. Sébastien Destremau est régatier, pas navigateur solitaire. Son bateau, il va le trouver en Afrique du Sud, pas une star mais du solide. Enfin, presque.

Chanteloube

Son enfance, sa jeunesse, sa famille, son père, musicien frustré, et complètement décalé, violent, Sébastien Destremau a mis toute sa souffrance, ses envies, ses regrets et sa passion dans son bouquin. Serge Fino en a fait un premier album par moment si prenant, émouvant qu’on en a le cœur accroché. Qui était vraiment ce père ? On en saura plus au fil des pages mais on sent toute la tristesse de Sébastien Destremau. On va va vivre avec lui son aventure hors normes. On le suit, on entend les paquets de houle. Il y aura cinq volumes. Fino, avec beaucoup de talent, travaille pour la première fois en couleurs directes pour scander la force de cet océan sans pitié, de l’Atlantique aux mers du Sud. Une bagarre au quotidien entre un homme et le destin qu’il s’est choisi.

Seul au monde, Tome 1, Chanteloube, Glénat, 14,50 €

2 Commentaires

  1. Destremau s’écrit sans le « e »

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