Omar le navigateur, la tiare maudite

Il était au festival Odysseum à Montpellier en 2010 et voici ce qu’on disait alors de son album Macabre : « Ce sont de bien agréables frissons de peur et d’angoisse que Rodriguez nous offre avec un album de mise en images de nouvelles signées par Maupassant, Poe ou Stevenson. Macabre (Emmanuel Proust éditions) est un album bien nommé. Vampires, malédictions, diableries, Pedro Rodriguez a maîtrisé les adaptations. Son dessin colle aux ambiances fantastiques et noires des textes de ces grands noms de la littérature. » Et le revoilà avec un superbe histoire d’aventuriers, d’amitié, de pirates, Omar le navigateur qui a déjà paru en Espagne depuis un certain temps. Un petit bijou qui mérite un grand avenir en France aussi pour le scénario que pour la qualité du dessin et le destin d’exception de ses deux héros.

Omar le navigateurEn Crête, 1653, Omar va défendre son copain Andréas d’une bande de gamins qui l’agresse. Omar et Andréas, pour les défier, sautent d’une falaise dans la mer. Au fond de l’eau, ils voient la carcasse d’un vieux bateau. Quand ils replongent pour le fouiller ils trouvent un squelette attaché au mât qui porte une superbe tiare. Ils la remontent et s’aperçoivent qu’elle contient une carte, sûrement celle d’un trésor. Omar la partage en deux afin qu’ils ne puissent qu’ensemble trouver le trésor plus tard quand ils seront adultes. Mais le village est attaqué par des pirates très intéressé par la tiare qui semble porter malheur. Ils capturent Andréas. Quelques années plus tard, Omar qui avait réussi à s’enfuir est bizarrement convoqué par bey de Djerba qui lui propose de lui acheter sa moitié de carte. Ce qui ne va pas lui porter bonheur car le cruel Jinn est aussi sur la piste de la carte.

Il faut laisser planer le mystère sur la suite de ces aventures que n’auraient pas reniées Pratt. Une belle histoire d’amitié qui tourne au drame, finement écrite, en nuances et sur un trait qui brille par sa force, sa souplesse. Pedro Rodriguez a été sélectionné à Angoulême pour le prix Jeunesse avec Les Aventures du jeune Jules Verne en 2011. Sans oublier La Peau du Rhinocéros. Son retour à la BD en France après s’être consacré à l’illustration est à noter d’une pierre blanche. Son Omar le navigateur est un vrai bonheur. L’album sera disponible dès le 8 mars en librairie.

Omar le navigateur, Les Aventuriers de l’Étrange, 14,50 €

Omar le navigateur