Les Aventuriers du Mékong, deux Tintin pour un Milou

C’est en novembre dernier que Guillaume Guerse était à Montpellier invité par la librairie Azimuts. Il venait dédicacer son dernier album chez Delcourt, Les Aventuriers du Mékong. Un titre sur lequel on revient en ce début d’année car on l’avait un peu oublié, c’était dommage, sans vraiment le vouloir. Il a donc réapparu et c’est tant mieux car des auteurs de BD qui se recyclent avec humour dans le carnet de voyage, c’est tendance mais pas toujours réussi. Avec Guillaume Guerse et Marc Pichelin, pour avoir parcouru les mêmes sentiers laotiens, on est en pays de connaissance et capable de dire que c’est bien vu, très rigolo.

Les Aventuriers du MékongFinie la BD classique, il faut passer selon leur éditeur au reportage vécu, les paysans des Deux-Sèvres comme Bouzard. Chômage direct pour les deux auteurs Marco et Gégé qui prennent la totalité de leur indemnité avec un projet en tête pour enfin faire une BD qui marche. Embarquement immédiat pour le Laos, ses éléphants, ses temples et peut-être Luang Prabang, au look de sous-préfecture coloniale. A la douane déjà ce n’est pas simple. Dans l’avion, Marco et Gégé déstressent au Cognac. Arrivée à Vientiane, capitale du Laos, première étape. Des aventuriers les deux copains sensibles aux moustiques et à la bière Lao. Marché, c’est le rêve, du jamais vu, crapaud, grenouilles et canard qu’ils achètent pour les sauver. Il s’en font un ami du coin-coin devenu Milou. Normal pour deux Tintin en vadrouille. Il faut s’habiller couleur locale, se fondre dans la masse. Difficile. Et la grande aventure commence en compagnie d’un Aveyronnais. En vélo direction le Sud mais la pluie les force à monter dans le bus de Franck vers les bords du Mékong. Savannakhet, la jungle, les singes, les fourmis et les lucioles. Dépaysement garanti avec architecture coloniale fragile. Et un journal de marche qui prend forme.

On en passe et des meilleures, du vécu à l’état brut. Paksé, des criquets frits et des coqs combattifs avec Milou qui se transforme en tueur à crête. Un dessin à la Mickey qui se place à merveille dans le décor. Des temples, un talisman magique et un Milou qui vaut de l’or, Guerse et Pichelin mélangent les genres, font du reportage polar thriller à l’Indiana Jones. Aux innocents les mains pleines et enfin les éléphants. Un album complètement farfelu mais dans le bon sens du terme. On rit beaucoup avec Milou, un canard de choc.

Les Aventuriers du Mékong, Delcourt Pataquès, 18,95 €

Les Aventuriers du Mékong