Les Gueules noires, ballon rond et grand espoir

La période s’y prête. Le foot avec l’Euro a remplacé la pandémie dans l’actu. Avec Les Gueules Noires de Jack Domon au dessin et Zampano au scénario, on a une très belle histoire de passion, de courage et d’amitié qui associe certes le ballon rond mais aussi le destin social chaotique, il y a quelques années, de toute une région, celle des mines et du charbon dans le Nord. Des gamins vont croire dans leurs chances, se battre et finalement fédérer parents, amis malgré le chômage ou les ruptures. Leur idéal, ils vont tous y adhérer et le lecteur ne peut que les suivre, pris au cœur, par cette belle aventure hors du commun, émouvante.

Les Gueules noires

Des corons et des gosses, des usines désaffectées, beaucoup sont partis tenter leur chance ailleurs. Mais les garçons ont envahi l’espace, ballon au pied. Du foot comme ils peuvent mais on va leur prendre leur dernier espace de liberté. Ils vont tenter de mettre leurs parents dans le coup mais ils ont bien d’autres problèmes. Alors deux d’entre-eux partent à l’aventure dans un endroit à la fois magique et laissé à l’abandon, un puits de mine où il y a un espace qui pourrait faire un superbe terrain de foot.  Sauf qu’il faudrait tondre, faire des « cages », le rendre praticable. Mais il faudrait aussi l’aide des parents.

Les Gueules noires

On se doute bien que rien ne va être simple pour les gamins, ni pour tous les habitants passés souvent au profit et perte d’une société sans états d’âme. Ni oublier une municipalité qui survole le débat à moins qu’il puisse lui rapporter. Alors, terrain ou pas, équipe au look mineur de fond avec un boss, un entraineur, ou pas ? Il y a aussi la mémoire de la mine, de ces hommes qui ont souvent laissé leur vie au fond. On est dans une comédie dramatique bien écrite, bien ficelée à l’émotion palpable. Les pages se succèdent et on ne relâche pas l’album qui est le premier épisode. Une bonne thérapie contre le désespoir sur un dessin qui « roule » bien au fond des buts.

Les Gueules noires, Casa Éditions, 12,50 €

Les Gueules noires