Ce Monde n’existe pas, à la découverte du Soleil Levant

Très rare d’être pris par une BD très atypique comme Ce Monde n’existe pas. Le dessin d’abord, une couverture forte qui a un peu de Pratt (et pour cause vu le scénariste), le soleil levant peut-être, et puis on est embarqué par les ambiances, le trait, et les personnages ensuite, le récit auquel on s’accroche bluffé avec l’envie de tout savoir de cette saga dont  les héros vont vivre une aventure extraordinaire. Martin Quenehen au scénario et Antoine Cossé au dessin, deux auteurs qui forme un nouveau duo de signatures chez Casterman et qui devraient beaucoup faire parler d’eux dans un avenir très proche.

Une japonaise, une courtisane, un port et une canonnière. Elle va écrire ce que Jules lui a raconté. Jules est un enfant cible, fils d’un alcoolique vétérinaire. Le monde ne voulait pas de lui, on le surnomme Moustique. Il franchit les grilles d’un château et décide de se changer en moustique et il vole. Décembre 1868, Jules est avec un samouraï au Japon, sur l’île d’Ezo. Il porte l’uniforme français et se souvient qu’au château ça avait mal tourné. Un pendentif, une jeune femme qui se suicide devant lui. Il est accusé. Au Japon il revoit son fantôme et prend un château avec le samouraï. Jeune on lui propose un marché. L’armée ou l’échafaud. Le Mexique sous Napoléon III, il change de peau et découvre que c’est par la mort que le monde vit. Il est devenu capitaine, le sol est gelé. En juin 1867 il revient en France, va au bal de l’Opéra, rencontre Aurore. Liaison mai elle pense que eux deux ça ne donnera rien de bon. On le mute au Japon, veut démissionner par amour. Mais Aurore n’est pas fidèle. Dans le coffre de la maison où elle le trompe il trouve des plans d’une arme singulière.

Le Grand Mikado est en danger, le Japon fait face à une guerre civile. Le capitaine Jules se prend les pieds dans le tapis, virevolte malmené par le destin. Le Japon se dévoile, monde encore ancré dans le Moyen-Age. Civilisation à part entière inconnue. Des pages superbes, pleines pour certaines, enlevées et aux couleurs prenantes. Cossé a vraiment un beau talent, un petit côté estampe et une part de romantisme dans cette histoire de Jules dans laquelle s’affrontent passion, violence et sentiments. Une narration parfaite en tout point.

Ce Monde n’existe pas, 120 pages, Casterman, 25 €

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