Un nouveau Corto Maltese retient l’attention. On sait que c’est Bastien Vivès qui est au dessin ce dont on ne peut que se féliciter pour cette troisième reprise du héros emblématique de Pratt. Au scénario Martin Quenehen pour qui le job est peut-être plus difficile que pour Bastien. Pratt était son propre maître d’oeuvre et se comprenait en quelque sorte. Avec Le Jour d’avant, troisième Corto du duo, on est de nos jours, actualité du moment comprise (20 ans après La Reine de Babylone), les mers montent, ce qui déjà est un différence notable mais bien cadrée des albums de Pratt. Sidney, Marcus un pirate, les Triades fidèles au rendez-vous, avec son petit côté désabusé Corto est tout à fait dans le ton et Vivès aussi bien sûr. Il a totalement investi le personnage, l’a même affiné depuis le début. On retrouve Bastien Vivès en pleine forme dans une histoire bien ficelée.

2022 en mars à Sidney il fait chaud. Et Corto est bloqué dans un embouteillage. Manifestation devant lui, un type sur un camion annonce un désastre climatique. Direction Redfern, dans un immeuble miteux Corto tape à une porte et manque recevoir une batte de criquet dans la figure. Son copain Marcus ne l’a pas reconnu. Qui lui reproche de l’avoir laissé tomber. Drogué à la coke Marcus qui fait faire des vols en hydravions aux touristes. Il regrette les crimes commis avec Corto quand ils étaient pirates. En partant Corto est enlevé. Teana avocate, Piper une ex-SAS veulent libérer Ai-Ling. Corto à ce nom accepte. Il faut aller sur les îles Tuvalu. Marcus shooté pourra-t-il piloter ? Arrivés à Honiara dans les îles Salomon, ils vont à Chinatow, un endroit dangereux. Marcus doit récupérer son avion alors qu’une émeute commence. Ils s’abritent dans un magasin et arrivent à fuir tous les quatre. Poursuivis ils décollent et Teana lui raconte comment elle a choisit défendre Ai-Ling pour monter que le Pacifique est menacé par le réchauffement climatique et contrer les appétits de la Chine qui prennent peu à peu le contrôle des îles.

Posé sur le continent de plastique, Corto connaîtrait-il Ai-Ling qui elle se souvient de lui ? Evasion mouvementée, il ne faut pas que la jeune femme risque d’être remise aux Chinois pour qui elle a travaillé comme agent infiltré. Une ballade aérienne, crash à la clé, les ambiances sont excellentes et des personnages hors du commun. Parfait. Plus une petite touche philosophique dans la lignée des Corto?
Corto Maltese, Le Jour d’avant, 168 pages, Casterman, 22 €

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