Une pépite, un petit bijou d’écriture, de savoir faire, qui fait chanter les mots et montre des personnages qui eux au moins ont des neurones. Un retour vers Rome, ce qui est tendance (Brigantus) mais pas au Cirque Maxime ou sous Néron. Non, avec L’Orateur c’est Cicéron, Pline qui sont sur scène. O tempora, o mores ou Carthago délenda est de ce cher Caton, bon c’est vrai huit ans de Latin au compteur on est charmé par toutes les qualités des aventures d’un avocat orateur romain qui sera en prime un enquêteur tordu à souhait. Il va agacer son monde deux siècles après J.C. Antonio Palma au dessin est prodigieux de réalisme, donne aux protagonistes des attitudes felliniennes dignes du Satyricon. Au scénario David Goy (Mussolini) ou avec Luca Blengino co-scénatriste Alexandre le Grand. Du lourd, du talent, une reconstitution de la Rome Antique en finesse, détaillée et au final un Orateur que l’on aimerait bien retrouver très vite.
Et sûr le magister accepte d’enquêter avec son air de ne pas y toucher. Coutumes romaines dont un supplice mortel pour parricide condamné style course en sac dans le Tibre mais mal accompagné, Marcius désabusé et en fait certain de son talent, a peu de chance de renverser la vapeur. Les textes sont ciselés, les indices, les questions, la progression de l’intrigue est fouillée. On le répète, cet Orateur sort plus que du lot, il brille avec intelligence, subtilité, passion et donne en prime une leçon d’Histoire avec en toile de fond le Christianisme qui s’implante.
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