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Isabelle Eberhardt, l’amazone du désert

Elle est la reine du Sahara qu’elle s’était mise en tête de découvrir à l’aube du XXe siècle. Isabelle Eberhardt est un personnage romantique à l’état pur, sincère et passionnée. Russe, fille d’aristocrate, parlant couramment l’arabe, convertie à l’Islam, elle choisira l’Algérie où elle trouvera l’amour, étudiera le pays, les traditions, la population. A cheval, déguisée en homme, rien ne va l’arrêter. On pense même qu’elle sera pour le général Lyautey une sorte de représentante officieuse un peu espionne. Elle écrira livres et articles mais mourra bêtement à moins de trente ans. Virginie Greiner a reconstitué sa vie de belle façon, la montrant attachante, libre et moderne. Même réussite pour Annabel au dessin, de vraies ambiances, du désert à Alger ou à Ain Sefra, porte du Sahara.

A la mort de sa mère en Algérie où elle s’est installé, à Bône, avec elle, Isabelle décide que l’Algérie sera son pays. On est en 1900 et autant dire que sa passion pour la population algérienne, l’islam, passe mal parmi les colons. Elle se fait appeler Si Mamouhd, s’habille en bédouin, découvre Alger mais le désert l’appelle. Elle part vers Biskra, écrit au fil des étapes et avec la recommandation d’un commandant français, elle peut s’installer à El Oued. Protégée par un capitaine, Cauvet, Isabelle part dans les tribus à cheval, seule. Sa passion pour le Sahara ne fait que grandir, celle pour un jeune spahi commence. Elle pratique la religion musulmane de plus en plus mais ses relations inquiètent en haut lieu parmi les autorités françaises officielles. On demande à Cauvet de la surveiller. Elle veut épouser son spahi et ça plait de moins en moins. Mais ce qu’aimeraient la plupart des officiers français des bureaux arabes serait de profiter de son expérience car elle a su se faire accepter de la population.

Isabelle Eberhardt aura à subir des pressions, des vexations avec mutation de son mari pour éloigner le couple. Rien n’y fera. Elle sera aidé par les marabouts, on tentera de la tuer. Sa rencontre avec Lyautey, qui l’admire pour ses analyses de la situation en Algérie et ses articles, sera déterminante. Jusqu’où aurait-elle pu aller pour faire comprendre la population autochtone si elle n’avait pas été emportée par une crue à 27 ans ? Une femme d’exception que le cahier qui termine l’album raconte en détails parfaitement. Un des meilleurs albums de la collection Explora.

Isabelle Eberhardt, La vagabonde des sables, Glénat Explora, 14,95 €

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