Ils en ont pris plein les yeux et le reste les habitants des atolls des Îles Marshall, à coup de bombes très atomiques avec une désinvolture coupable des États-Unis. Maladies, évacuations, désolation et indemnisations pas à la hauteur du préjudice, le rideau est tombé sur ce massacre humain et écologique. Avec Bikini Atoll, Christophe Bec signe à la fois un polar fantastique mais aussi un rappel sur ce sujet brûlant pour nos mémoires défaillantes. Il va y avoir des mutations pas sympas et des bizarres qui vont se faire un plaisir de croquer tout cru les gentils touristes amateurs d’îles perdues. Cette fois ce sont des mannequins bimbettes et une équipe de tournage qui vont aller nourrir les grands méchants monstres boutonneux. Un album toujours dessiné par Bernard Khattou.
On se doute bien qu’il va y avoir de la viande froide au menu mais Bec ralentit le rythme dans cet épisode pour accélérer à la fin. Il construit d’autres rebondissements qui finiront bien par éclairer le devenir d’une population vouée à se faire exterminer. C’est la règle de ce genre d’aventures saupoudrées d’un brin d’érotisme et de beaucoup d’hémoglobine. Les méchants producteurs avides de fric vont obliger ces braves gens à rester sur place. Tout ça va tourner glauque avec ces commandos sortis de nulle part. Bien mené, angoissant, gore, tout pour plaire et garder tendu le suspense.
Bikini Atoll, Tome 2, Glénat Comics, 9,99 €
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