Gus T4, une épopée équestre et volcanique avec Christophe Blain

Il est de retour le cow-boy au long nez. Il a mis huit ans avant de revenir sur son fidèle destrier, masqué comme un Zorro déglingué pour retrouver des trains à braquer. Gus a la forme. Christophe Blain aussi. La preuve avec ce tome 4 qu’il annonçait déjà en 2013 à ligneclaire au salon du Livre à Paris pour la sortie de son album disque, La Fille avec Barbara Carlotti. Gus n’est pas seul bien sûr, comme d’habitude. Avec lui Clem refait surface, rangé provisoirement des voitures. Gratt se promène, cœur à prendre et un brin obsédé par la gent féminine. Il va y avoir des retrouvailles, des dérapages, une fillette qui tient de son père, un peintre fou, des clins d’œil à quelques stars cinématographiques du vieil Ouest qui font de la figuration dans cette épopée volcanique, feu d’artifice grandiose à coups de dynamite qui resplendit de la première à la dernière planche.

Gus Un masque, un train et un Gus qui se prend sa cape dans un sapin. De quoi louper le braquage qu’il a concocté avec sa bande. Son associé a le tort de se moquer de lui en lui rappelant l’El Dorado (on doit relire les albums précédents). Erreur fatale et Gus tire vite. Tueur certes mais amoureux sauf qu’il ne sait pas de qui. Une entrée en matière qui mène directement à Clem devenu quincailler, marié à une romancière à succès et père de la brune mais un peu bizarre Jamie qui pend ses poupées. Il faut un début à tout, pendant que son père part retrouver Gratt, endosse cape et haut de forme, son uniforme de braqueur de banques pour l’aider à remonter la pente financièrement. Mais à trop vouloir jouer on peut perdre gros. Quant à sa progéniture elle a tout compris de la vie et met en place un juteux trafic auprès de ses camarades de classe. Clem rêve d’un yacht mais Gus l’agace avec ses braquages à grand spectacle. Sa rencontre avec un peintre givré Van Vliet va lui ouvrir des horizons. Et Jamie faire un gros caprice.

Dédicace de Christophe Blain

Christophe Blain persiste et signe. Son Gus est un bonheur d’humour et mise en perspective de l’homme, du héros, du méchant, du gentil, des femmes, de la femme, des enfants, du génie, du crime, de la passion, de l’amour, de la haine. Et plus si affinités. Une quête à la Don Quichotte ces aventures de Gus et de ses copains, découpée en tranches et chapitres, clin d’œil au feuilleton de la fin du XIXe siècle. Tout se tient d’un album à l’autre. Blain a laissé flotter les rênes de son mustang (Triumph, Norton, Laverda, Agusta, poignée dans le coin) Jusqu’où va-t-il les emmener, Gus, Clem et Gratt ? Car il y aura un tome 5, Rose, et si possible pas dans huit ans. Faudrait voir à presser le mouvement, Christophe. Le dessin est léger, enlevé, vif, plus ou moins réaliste pour le trait des personnages selon qu’ils sont ou pas des acteurs modélisés. On a reconnu Robert Duval en colonel Radl, Gene Wilder (Frankenstein Junior) en Silberman le journaliste. Plus difficile pour le complice que tue Clem au début, peut-être l’acteur qui joue Hopalong Cassidy. Idem pour le docteur Hayden au choix et sans certitudes entre Robert Ryan et Randolph Scott. Il y en a d’autres à découvrir tout au long de cette poursuite infernale (Gene Hackman, Henry Silva ?) qui est encore loin du bout de la piste de Santa Fé.

Gus, Tome 4, Happy Clem, Dargaud, 16,95 €

Happy Clem