L’Or des Belges, des Morfalous en déroute

Que du vrai dans cette histoire de trésor perdu, volé, rendu. En 1940 l’or se barre car les Allemands veulent rafler la mise, piller la Banque de France, les réserves d’or des pays qu’ils on envahi et soumis. Malheur aux vaincus et on règle l’ardoise. Les Belges ont de l’or, normal et vont prévoir de le planquer avec l’aide de la France avant le désastre. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. L’Or des Belges a donc inspiré Pierre Boisserie et Philippe Guillaume, des pointures en scénarios historiques. Stéphane Brangier (Cigaretttes avec déjà Boisserie) est au dessin. Les auteurs seront au prochain Festival du Livre de Paris les 22, 23 et 24 avril 2022 où Ligne Claire va les rencontrer pour évoquer cette incroyable aventure sur les traces des Morfalous ou de L’Or pour les braves. Mais pour de bon comme on dit.

L'Or des Belges

Lorient 18 juin 1940, certes De Gaulle parle à la BBC mais c’est l’or de la France qu’on charge à bord d’un croiseur de la Marine sous les ordres du capitaine Moevus. En plus de l’or français, il y a celui des Belges et des Polonais. Direction les USA, en théorie et à Bruxelles le roi tient tête à un général allemand pas content que l’or se soit envolée. Faut la rapatrier vite fait. Mais il ne veut pas le roi et confie à un mystérieux personnage de surveiller que les 200 tonnes d’or soient bien évacuées. Dix jours plus tard le chargement est à Dakar. Les ordres sont clairs. L’or de tout ce petit monde va y rester. Le capitaine Beyney suit le convoi et découvre les caisses qui restent, 220 tonnes belges, 60 pour la Pologne et 900 tonnes françaises. On rêve éveillé. Car l’or est à la portée de tous. Ce qui intéresse fortement l’interlocuteur du roi des Belges. Mais il y en a un autre qui fait la gueule, c’est Churchill. Par contre Dakar pour De Gaulle c’est mieux. Sauf qu’il faut le récupérer.

On va jouer sur les conventions et au poker menteur. Les lois, les Allemands s’en moquent. En prime armée de Vichy et Anglais se haïssent. Va falloir jouer serré. S’y ajoute la politique coloniale. L’or va rester au chaud et on va jouer sur tous les tableaux. Un diptyque allègrement mené avec des Français faux-culs qui le payeront plus tard. Pétain, Laval, De Gaulle, l’or va encore voyager. Une balade infernale, non sans humour, train blindé, on dirait presque un western dont le trait est très assumé par Brangier.

L’Or des Belges, Tome 1, Dargaud, 15 €

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Un commentaire

  1. je termine la lecture de « l’or des Belge ». Un bon moment de lecture. Et je suis à la recherche d’une réponse historique. Dans la bédé de Guillaume et Boisserie, qui donc est en réalité, historiquement, l’officier français Moevus venu de Dakar et qui rencontre De Gaulle à bord du Westerland, à Freetown (pages 36, 37, 38)? De Gaulle lui fait part de sa tentation au suicide (« sauter par dessus bord pour qu’on m’oublie totalement »), après le désastre du débarquement manqué de Dakar. Un officier que l’on voit plus loin la bible en mains (page 47). Tout cela fait étrangement penser au capitaine de frégate Thierry d’Argenlieu, officier pendant les guerres et catholique entre elles (prieur des carmes). D’Argenlieu, selon la littérature (« De Gaulle, le mystère de Dakar », de Patrick Girard, chez calmann-lévy), a convaincu De Gaulle, effectivement dans le trente-sixième dessous, d’abandonner son idée de suicide. Mais c’était au large de l’île de Gorée (Dakar) -non à Freetown- et à bord du Westernland -non du Westerland- où il avait embarqué. Son passage sur le quai de Dakar, où il fut éconduit et blessé, ne dura que quelques instants -non quelques semaines. Deux personnages pour sortir De Gaulle de ses tourments existentiels? Ou plutôt, selon la formule consacrée, « Librement inspiré d’une histoire vraie ». Merci de votre réponse.

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