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L’Enfer de Dante, les Brizzi pour leur vision du classique

Les frères Brizzi, Gaétan (qui vit dans le Gard) et Paul (qui réside aux USA) ont adapté L’Enfer de Dante, épisode bien connu de la Divine Comédie. De Rodin à Delacroix, Manet pour ne citer qu’eux ont donné aussi leur vision de l’Enfer, sans oublier quelques adaptations diverses déjà en BD. Avec les Brizzi on vogue certes vers les portes de l’Enfer mais pour une vison très proche, voire même dans le style du XIXe siècle, de celle de Doré. Un travail de lithographie, de gravure pour le cadre graphique et de simplification de l’accès littéraire car pas simple le propos même si l’on sait que ce brave Dante veut aller retrouver chez les morts sa dulcinée récemment décédée. Une balade que les Brizzi ont rendu superbe, remettant en place le déroulé, le cadrant tout en respectant Dante. Pas de trahison, une vision réaliste, classique au sens artistique du terme impressionnante de qualité aussi d’impression. Gaétan Brizzi devrait être en mars à la librairie Azimuts à Montpellier.

Il est perdu Dante depuis la mort de Béatrice. Dans la forêt on l’appelle. C’est Béatrice ou son fantôme alors que des animaux sauvages se jettent sur lui. Un homme s’approche, c’est Virgile (un souvenir sévère pour les latinistes avec L’Énéide), poète romain, qui vient chercher Dante pour l’amener voir Béatrice. Sauf que le voyage ne va pas être de tout repos. Halluciné Dante le suit et ils arrivent au bord de l’Achéron. Une pause où l’on papote alors qu’approche dans sa barque Caron, le nocher qui transporte les âmes vers l’enfer. Virgile lui ordonne de les prendre même si Dante n’est pas mort. Arrivés à la porte des enfers qui annonce la couleur, Virgile et Dante pas rassuré continuent. Ils sont bien en enfer et ils vont devoir traverser neuf cercles qui vont mettre à rude épreuve leur courage et leur détermination.

Dante a le cœur pur et on sait pour la plupart comment finira le périple. Diogène fait de la figuration, Aristote, Platon, Socrate, on est dans un environnement très philosophique sur le fond. Les décors néo-classiques, les ruines antiques sont somptueux comme les personnages fantastiques, dieux ou corps aspirés par le vent des enfers, Méduses, Minotaure. Édifiant aussi ce parcours car il y a de la morale dans la vision. On a péché on est puni. On est bon et on va au paradis. Chaque cercle révèle un danger ou une punition horrible. Et là les Brizzi (La Cavale du docteur Destouches, L’Écume des Jours) excellent avec des pages entières, un coup de crayon impressionnant. L’exposition prévue chez Maghen permettra de voir leurs originaux dès le 31 janvier à Paris.

L’Enfer de Dante, Éditions Daniel Maghen, 29 €

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