
Adapté du roman Allah n’est pas obligé primé par le Renaudot et le Goncourt des lycéens, tiré surtout du film d’animation de Zaven Najjar, on se trouve face à une oeuvre pour le moins curieuse quant à sa conception. Un montage d’images du film dont certaines avaient été coupées au montage, il y a une vraie force, une violence latente dans ce triste récit atypique au point que le ressenti met parfois mal à l’aise. L’Afrique quand elle en vit pas une actualité qui la dépasse est de plus en plus ignorée par les pays européens entre autres. On peut ajouter que le choix d’avoir conservé la langue du narrateur Birahima, très vivante mais comme il le dit « batarde » apporte un ton et un visage inédit à l’ensemble. Karine Winczura a accompagné au scénario Zaven Najjar qui a supervisé le dessin. Le film est sorti le 4 mars dernier.

Dix-douze ans il a Birahima avec sa Kalachnikov dans les mains. Un enfant soldat sans peur et qui tue au Libéria. Il est poursuivi par les ombres et va raconter sa vie pourrie. Togobala en Guinée en 1990, Birahama est jeune et vole sur les marchés. Avant il était dans la case avec sa mère. Il n’a pas connu son père qui est mort sans avoir pu être un vieillard sage à barbe blanche. Sa grand-mère l’adore et le comble. Yacouba un grand du village était parti à Abidjan. Il est revenu mais personne ne demande pourquoi. Sa mère est très handicapée par ses ,jambes malades. Il ne l’a jamais bu bien portante. Elle meurt dans ses bras. Allah du ciel fait ce qu’il veut.Il doit rejoindre sa tante au Libéria, c’est la loi. Yacouba est marabout et part avec Birahima au Libéria. Il lui promet une mitraillette comme dans les films américains. Les enfants peuvent aussi gagner beaucoup d’argent, des dollars américains. Sa grand-mère lui offre une médaille. Il ne le reverra plus. Trop de mauvais présages sur la route, il retournerait bien chez lui. Le Libéria a toujours marché à deux vitesses. Samuel Doe, un Krahn, a pris le pouvoir par un coup d’état en avril 1980 aidé par les USA. Les hommes ont changé, pas les injustices. En 1989 Charles Taylor débute la guerre civile et d’autres clans se manifestent. Convoi, soldats, meurtres, un enfant soldat abattu. Un autre groupe commandé par une fillette travaille pour Papa le Bon qui a été formé comme prêtre aux USA mais quand il est rentré c’était déjà la guerre tribale. Il a regroupé les enfants et travaille pour Charles Taylor qui lui a confié la frontière du Nord avec la Guinée. Birahima est enrôlé.

Un profil d’enfant perdu, attachant qui va survivre dans un monde où une vie ne vaut rien. Et sans espoir si ce n’est que d’être protégé par son armé. Tuer pour survivre. La peur au ventre, l’innocence déchirée, cette histoire est devenue un best-seller. L’horreur est parmanente. Cette adaptation la nôtre avec la guerre en toile de fond mais pas acteur principal du récit ni un spectacle. Allah n’est pas obligé d’être juste dans toutes ces choses ici-bas. Etonnant et bouillonnant, émouvant.
Allah n’est pas obligé, 224 pages, Dupuis, 21,95 €

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