Le Dimanche perdu, un conte idéal

On sera toujours reconnaissant à l’éditeur Aventurier d’ailleurs de nous avoir fait découvrir Ileana Surducan, scénariste, dessinateur et coloriste. On se souvient des Vacances de Nor et cette fois on va apprendre que le Dimanche est perdu. Il a disparu, pourquoi, comment ? Avec poésie, réalisme, et humour, Surducan trace les contours d’un pays imaginaire où une jeune fille, Nina, travaille en permanence et n’a pas évidemment de dimanche pour se reposer. Un conte avec tous les bons ingrédients dont une méchante sorcière, une belle inventivité scénaristique et graphique pour cet album qui a beaucoup de charme.

Les jours ne sont pas formidables pour Nina. Le lundi il faut se battre contre le plantiloup sauvage, le mardi on est assourdit par l’horoloup, le mercredi le brûliloup est vorace, le jeudi l’ondiloup a trop d’idées, le vendredi le pavéloup bouge dans tous les sens et le samedi c’est le jour des mauvais souvenirs avec le mémoloup. Pas de dimanche et tout recommence sans répit. Nina essaye d’imaginer le dimanche, comment elle mettrait ses beaux vêtements, ne ferai rien. Mais la sorcière au fond du puits a volé le dimanche et le garde prisonnier. Elle a un coeur de glace dans un royaume immaculé où elle garde ses trésors. Nina a une idée, brûler ce qu’il faut ranger, nettoyer et ainsi on gagnerait un jour. Le samedi pourrait devenir le dimanche. Elle essaie mais échoue. Elle décide de sauter dans le puits de la sorcière et emporte un os à souhait qui peut se transformer en objet dont on a besoin. Au fond du puits sur des nuages blancs elle trouve une autre jeune fille, son double, endimanchée qui sait tout sur le dimanche. Et lui dit que le chemin vers la maison de la sorcière est plein de pièges. Elles partent ensemble et affrontent les ruses de la sorcière.

Loup y es-tu ? C’est un conte donc il en faut un chaque jour de la semaine qui mangent leur temps libre. Le dessin est magique et l’album qui oscille entre BD et illustration est à lire avec ses enfants. Il y a un peu de morale sur l’exploitation, le surmenage, la fatigue au travail mais en finesse sans que cela nuise à la compréhension du récit par les plus jeunes. On retrouve vraiment avec plaisir le talent de Surducan avec un cahier en fin d’album qui dit tout sur la conception de ce sympathique dimanche baladeur et ce conte idéal.

Le Dimanche perdu, 72 pages, Aventuriers d’ailleurs, 14,90 €

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