
Une rencontre improbable, une jeune femme, un truand blessé en cavale, que faire, que décider ? Dénoncer ou être complice ? De Bonne Foi signé par Marguerite Boutrolle est un face à face en huis-clos, tendu, imprégné de suspense à la Hitchcock. Son dessin même si il y a quelques longueurs accroche par sa force et son originalité dans le ton des années 70. Comme l’époque où se passe l’album. Le côté anarchiste de certains truands de l’époque et en plus un lien existe pourtant entre eux, lointain, d’enfance, teinté de haine, de bêtise de gamins où tout peut mal tourner.

La BRI qui débarque. Judith Chevalier est interrogée au sujet d’un certain Raymond Treillas vu près de chez elle. La seule maison dans un rayon de 10 km. Elle révise ses examens ne sort pas. Perquisition et rien trouvé. Flash-back au 23 octobre 1979, un bus dans lequel elle voyage pour aller dans sa maison de famille au bord de l’océan. Michel Fugain qui chante en sourdine et arrivée en Bretagne à Kervignec. Un Café et le journal avec trois individus en cavale. Il reste à Judith à prendre un taxi et marcher pour atteindre la maison. La mer, un bain et la TV qui montre le visage des fuyards, Henri Querrec, Joseph Vanier et Raymond Treillas qui ont commis un braquage sanglant. La peine de mort existe encore. Judith sort son dériveur, chavire et le ramène en le tirant. Tempête et cauchemar, réanimation d’un noyé. Uns silhouette dans la nuit traverse le jardin et un homme armé débarque. Il est blessé. Pas un facile ni un tendre, cheveux longs et moustache Treillas. Il l’oblige à le soigner, l’enferme dans un cabanon. Elles barricade. Elle a un transistor et des infos, apprend le braquage, mais l’homme veut parler, échanger. Elle sort quand il s’éloigne. Et finit par lui parler, l’affronter. Il lui explique comment tout a dérapé. Sans oublier des souvenirs d’enfance.

La peur de part et d’autre, un destin bousculé, Judith et Raymond sont aussi des exemples de classes sociales., de lutte idéologique. Badinter et l’abolition. La France a peur disait à la TV Roger Gicquel. Walkman, Judith a été lâche enfant. Se racheter ou pas ? Un bon suspense pour ce thriller polar qui oscille entre politique et humain par une autrice engagée, douée. On est encore dans cette nouvelle habitude de pagination exponentielle. Ce qui alourdit l’oeuvre à son désavantage. Un rouge et noir bien dosé par contre.
De Bonne Foi, 240 pages, Dargaud, 26 €

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