Clément Oubrerie nous a quitté

Un grand chagrin, un choc, une immenses tristesse le départ d’un garçon avec lequel on avait tissé au fil des ans de vrais liens sincères et amicaux. Et bien sûr avec Julie Birmant son épouse, j’avais animé plusieurs rencontres avec eux en particulier à la Comédie du Livre de Montpellier pour Pablo entre autres. On se retrouvait toujours avec joie. A chacun de ses albums il me l’envoyait avec un gentil dessin amical. Clément Oubrerie nous a quitté le 1er mars 2026, à l’âge de 59 ans. On pense très fort à Julie Birmant, son fils et ses belles-filles, et tous ceux qui l’aimaient, très nombreux, car il était un garçon d’une rare sensibilité et quel beau talent. Un pudique aussi, tendre. Au revoir Clément, tu vas beaucoup nous manquer. JL T

Julie Birmant et Clément Oubrerie
Julie Birmant et Clément Oubrerie en 2022. JLT ®

Comme le dit le texte de Dargaud, sa palette, son sens du découpage, l’expressivité de ses personnages, la virtuosité de son dessin, sa générosité, son engagement pour la diversité et la transmission ont fait de lui un pilier de la bande dessinée, mais aussi de Dargaud chez qui il a publié, avec sa scénariste Julie Birmant, de nombreux albums. Clément Oubrerie démarre ses études à l’École supérieure d’arts graphiques (ESAG) avant de partir vivre deux ans aux États-Unis, où il débute sa carrière en tant qu’illustrateur jeunesse et publie ses premiers albums. En 2005, il publie le tome 1 d’Aya de Yopougon chez Gallimard, sur un scénario de Marguerite Abouet. L’album, récompensé au festival d’Angoulême en 2006, marque le début d’une saga qui compte aujourd’hui huit tomes et fut traduite dans plus de quinze langues. Par la suite, il adapte Zazie dans le métro de Raymond Queneau en bande dessinée, collabore avec Joann Sfar sur Jeangot, et travaille avec François Bégaudeau sur Mâle occidental contemporain.

Clément Oubrerie et Julie Birmant
Un beau souvenir, Clément Oubrerie souriant et Julie Birmant pendant la rencontre animée par ligneclaire pendant leur passage en 2017.à Montpellier. Sydney Truc ®

En 2012, il sort le tome 1 de la série Pablo (Dargaud, quatre tomes) avec Julie Birmant, consacrée à la jeunesse de Picasso à Montmartre. Cette série remporte plusieurs distinctions, dont le Grand Prix RTL de la BD 2012 et l’Étoile du Parisien 2013, et conduira le couple à poursuivre dans la veine des fictions documentaires autour des artistes Isadora Duncan, puis Dali (dont le tome 1 recevra le prix René-Goscinny du meilleur scénariste en 2024). Oubrerie explore l’univers du fantastique en adaptant Les Royaumes du Nord, le roman de Philip Pullman, en trois tomes avec Stéphane Melchior, et obtient le Fauve jeunesse d’Angoulême en 2015. Puis viennent Voltaire amoureux (Arènes BD, Grand Prix Quai des Bulles 2017), la saga Renée Stone avec Julie Birmant chez Dargaud, Cyberfatale, avec le collectif Cépanou, chez Rue de Sèvres, et, À mains nues aux Arènes avec Leila Slimani. Dans le domaine de l’animation, Clément Oubrerie cofonde Autochenille Production avec Joann Sfar et Antoine Delesvaux. Ce studio produit notamment Le Chat du rabbin (2010, César du meilleur film d’animation) et Aya de Yopougon (2013), coréalisé avec Marguerite Abouet. Il est aussi l’auteur, avec Éric et Ramzy, de la série Moot-Moot, récompensée par le Cristal de la série au festival d’Annecy 2008, diffusée sur Canal+. Clément Oubrerie laisse à la bande dessinée un héritage poétique, joyeux et protéiforme.

 

 

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