
Avec La Chandelle du bon Roy Henri on s’offre un petit voyage pour le moins atypique sous le règne du Vert Galant. La grande Histoire peut parfois être remise en question par la petite. Philippe Charlot (La Chambre des officiers et Le Royal fondement déjà avec Eric Hübsch) signe cette bande dessinée pleine d’humour et dévoile les secrets médicaux de ce cher Henri héros de ces dames. Une intrigue finalement pas si rocambolesque mêlant satire, médecine éprouvée, et relations de cour. Du panaris royal à un blocage vésical, des complots religieux, le Roi qui est un brave homme a des soucis à se faire mais le sympathique Thibaut va l’aider et Mathilde le séduire.

1594 le bon roi Henri IV est enfin entré dans Paris. Il a un médecin qui lui fournit la potion magique qui en fait est faite par Bertille que va voir aussi une jeune provinciale en recherche d’un mari. Ce sera le premier homme rencontré à qui elle parlera assure Bertille voyante qui ne sait pas que c’est sa nièce Mathilde qui l’interroge. Une grosse gaffe car c’est Henri et dans la foulée Thibaut charmant jeune homme flanqué de son ami Alaric. Le duo s’apprête à faire des tours de magie sur le pont Neuf avec son spectacle de suggestion. Quant au roi on lui propose une partie de jeu de paume contre des gentilshommes afin de redorer son blason. Sauf que jouer en devant aller aux toilettes faire trois gouttes toutes les dix minutes cela va être compliqué. Le roi soufre d’une rétention urinaire ce qui en clair est une prostate trop grosse ou un calcul qui bloque la vessie. Le remède douloureux qui doit forcer le passage plus l’Eglise qui lui veut du mal, Henri IV va en voir de toutes les couleurs. Une chandelle peut être parfois nécessaire ailleurs que dans une église.
Alors Henri ou Thibaut, qui gagnera le coeur de Mathilde pour cette comédie galante de 64 pages sur fond d’urologie interventionniste ? De l’humour, le trait sympathique et chaleureux de Hübsch, une histoire amusante et bien troussée, ce qui est le cas de le dire, on rit et on savoure ces royales péripéties.

Natif de Toulon, où il a vu le jour en 1971, Éric Hübsch se passionne pour le dessin, en remplissant les marges de ses cahiers. Il entre à l’École européenne supérieure de l’image d’Angoulême, section « Bande dessinée ». Il en sort diplômé en 1992. Entre-temps, il participe à plusieurs ouvrages collectifs, dont La Bête du Gévaudan ou encore Au Fil du Nil. Dans la foulée, Éric Hübsch quitte la Charente, direction l’Hérault et Pézenas, puis Montagnac. Il se consacre à ses activités de graphiste, réalisant illustrations, affiches, et logos pour des mairies, des associations, ou encore des commerçants. En 1995, il revient à la bande dessinée, en se lançant dans un projet de série d’heroic fantasy qui verra finalement le jour trois ans plus tard, avec la parution du premier tome : Le Réveil de Merlin. Scénarisée par Arleston, la saga Le Chant d’Excalibur s’achève en 2010, après six volumes. Dans la foulée, toujours dans le monde de Troy, Éric Hübsch met en images Ploneïs l’incertain, un one-shot signé Arleston et Jean-Luc Sala. Par la suite, le dessinateur et son style semi-réaliste intègrent l’équipe de la collection « Marcel Pagnol », chez Grand Angle. Accompagné des co-scénaristes Serge Scotto et Éric Stoffel, il publie le diptyque Topaze en 2016, puis Cigalon (2018), et La Partie de boules (2019). Le Royal fondement constitue sa première collaboration avec Philippe Charlot.
La Chandelle du bon Roy Henri, Grand Angle, 16,90 €

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