Son dessin avait apporté son originalité et sa force claire à l’excellent La Cire Moderne scénarisé par Vincent Cuvellier. Cette fois Max de Radiguès fait cavalier seul, dans tous les sens du terme, car Bâtard est une histoire de partie solo pour une jeune femme flanquée d’un gamin un peu paumé et il assure aussi seul texte et dessin de ce polar qui dégage à cent à l’heure.
Elle est brune April et n’aime pas qu’on la reconnaisse. Elle est en cavale avec son fils et une demi-douzaine de sacs de sports bourrés de fric. Son rejeton, Eugène est un brave garçon qui simule une crise d’asthme pour que sa mère puisse passer un barrage. Direction l’hôpital avec en prime un motard pour urgence. Mais à la télé April apprend que tous ses copains qui ont braqué avec elle 52 banques ou autres le même jour se font buter les uns après les autres. Ils planquent le fric et se cachent chez un copain qui va les balancer aux truands qui les cherchent. Mais pourquoi ? Duane a formé April, petite arnaqueuse prometteuse. April a de la ressource, des nerfs d’acier et un bon samaritain va croiser son chemin et celui d’Eugène.
Une histoire qui tient bien la route avec les deux personnages principaux dont on ne saura qu’à la fin les vraies origines et une belle brochette de seconds rôles qui ont tous leur importance dans cette galère en forme de road-movie. De Radiguès a su bien maîtriser son sujet, gérer les relances et les péripéties variées qui scandent ce thriller associant action et sentiments.
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