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L’Aventurier, un dilettante pris au piège d’un amour impossible

Une adaptation, celle de L’Aventurier roman inachevé d’Arthur Schnitzler (1862-1931) qu’Andrea Settimo et Alessandro Tota ont pris en mains et évidemment terminé, donné une chute et d’après les notes laissées par l’écrivain. Anselmo a des débuts difficiles dans la vie, joue du luth, est un bretteur redoutable à l’épée et se moque un peu de son avenir. Il va vite comprendre que le ciel ne l’aidera pas si il ne s’aide pas lui-même. La mort non plus dans cette histoire pimentée de fantastique à travers le personnage de Geronte voyant mortifère. Il est pris au piège l’amoureux dont le destin va en prendre un coup tout au long de ces 184 pages au trait à la fois délicat, fort et aux couleurs bien placées.

Italie au XVIe siècle. Une belle au balcon, un trio qui chante et joue de la musique, un père qui lâche les chien, Anselmo et ses deux amis courent vite. Il doit aller s’entraîner avec le meilleur maître d’armes, Riboldi. Mais Anselmo se laisse aller et se fait remettre en place. Riboldi est furieux, son père aussi car il veut que son fils entre dans la garde. Son frère va se fiancer et lui on aimerait bien le marier. Car sa famille est criblée de dettes. Mais la peste rebat les cartes. Tous meurent autour de lui. Il quitte la ville et arrive dans une auberge ou il y a un borgne et un curieux bonhomme. Anselmo n’a plus que son épée et ses compagnons lui proposent de le prendre comme garde du corps pour protéger leur cargaison. Lorenza et Anita, deux jeunes veuves sont du voyage. En fait l’aubergiste a été assassiné et dévalisé par le duo. Anselmo avoue avoir été heureux à la mort de ses parents car il devenait libre. En jouant aux dés il gagne Anita avec laquelle il part. Il oblige un aubergiste à leur donner une chambre et Anita lui raconte sa vie, la façon dont l’homme qui l’a jouée a abusé d’elle, tué ses frères. Désormais elle est attachée pour toujours à Anselmo. Mais celui qui avait enlevé la jeune femme veut la récupérer. Il se présente, comte Raspighi qui dit qu’il mourra précocement. Ils se battent en duel.

On voyage entre Corneille et la Commedia dell’arte. Drame avant tout, malédiction, des ambiances peaufinées, inventives, artistiques. L’ombre mortelle de Géronte père de Lucrezia plane on le verra. Ensuite on se mélange un peu dans de nombreux détails, interventions diverse. Désespoir, amour et peu de fantaisie, beaucoup de philosophie. Le héros défie la mort, Géronte, joue sa vie au quotidien. Compliqué quand même cette quête au demeurant superbement illustrée.

L’Aventurier, Treize étrange Glénat, 25 €

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