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Le Dessein, joies et malheurs majeurs du dessinateur

Un auteur à la dérive, un mentor aux allures de clodo, une digression intelligente et subtile, Le Dessein de Jonathan Munoz, d’un trait succinct mais riche offre une promenade en forme de leçons de choses à travers les méandres de ce qui peut faire succès ou échec quand on se pense artiste. Réalisme et de recul dans le parcours sans illusions mais beaucoup d’espoir du jeune gribouilleur qui va tomber sur le seul qui peut encore le sauver de l’abandon. Certes il y a un petit côté « tout finit bien » dans cette aventure à la fois littéraire et graphique mais séduisante entre autres par la sincérité évidente de Munoz.

Une galerie d’art qui lui demande de récupérer ses dessins, un projet refusé une fois de plus, il est en perte de vitesse le loser dessinateur. Quand il tombe sur un curieux bonhomme en short et chauve qui lui balance que si il veut gagner il doit être le meilleur, il hésite mais le suit dans une balade initiatrice. Dessinateur oui mais il faut apprendre et avant tout à ne pas avoir d’argent. Il en veut au contraire l’apprenti Jedi du pognon au prix de son âme si besoin. Alors les cours commencent. Graphisme trop maniéré, le dessin compris de tous doit exprimer des évidences. Vendeur le dessin mais en restant engagé. Il va être publié. Le vieux avait raison. Et ses copains aimeraient bien savoir qui est le Pygmalion du crayon. Un concours va lui donner une chance de plus avec son coach qui lui flanque des baffes et le reprend à chaque dessin trop policé. Il créé une série et le secret du mentor explose au grand jour.

Enseigner la réussite il faut être sûr de soit ou en être passé par les mêmes angoisses que ses élèves. La suite on la découvre dans Le Dessein. Jonathan Munoz développe un concept assez surprenant en conclusion des aventures de son dessinateur. Pour son dessein obligations du créateur et création qui vit sa vie, minimalisme, disparition du héros à la dernière page, on est attentif, séduit et finalement conquis par la démarche. Une petite dose de philo lucide avec Schopenhauer et happy-end bienvenue pour l’espoir auquel il ne faut jamais renoncer. Un joli travail.

Le Dessein, Glénat, 17,50 €

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