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Sorcières ! disent-ils, réhabilitées ?

De Blanche Neige au Magicien d’Oz ou à Salem, on ne peut pas dire qu’elles aient fait l’unanimité au fil des siècles. Et pourtant les sorcières ont été avant tout des femmes martyrisées par un pouvoir machiste qui voyaient en elles de potentielles rivales, voleuses de droits plus ou moins divins, une remise en question de l’ordre établi qu’il fallait en ces temps où l’homme régnait en maître exterminer par le feu au mieux. Sorcières disent-ils est une remise en question d’idées reçues, de ces images de faciès boutonneux et horribles, signée par Juliette Ihler et Singeon au dessin et à la couleur. Notre imaginaire en a fait des Mary Poppins venimeuses, méchantes. La réalité est bien autre et méritait d’être enfin dévoilée en toute objectivité.

Elles ont été exécutées par centaines de milliers, à la fin du Moyen Âge surtout, et de nos jours leur image a été récupérée par divers mouvements féministes à juste titre. On leur a reproché leur liberté, leur savoir qui a dépassé entre autres celui archaïque des premiers médecins, hommes bien sûr. Il faudra attendre des siècles pour avoir des femmes médecins. Reste que ces sorcières ont été martyrisées par le pouvoir et par la bêtise humaine. A la fin du XVe siècle, que pouvait être d’autre une femme qui vivait pour elle, indépendante et heureuse. Yolanda est voyante, Theodora la forgeronne mord la vie à pleine dent, Boussarde fait des potions à base de plantes qui marchent et accouche. Mais les accusations vont vite atteindre leur petit village car à l’aube de la Renaissance ces drôles de dames sont dans le collimateur masculin et d’une justice terrifiante. Bienvenu aux inquisiteurs qui auront tout pouvoir au nom d’une religion méprisante, vengeresse et surtout stupide.

Hormis la base romanesque, l’album dont la voix off est un chat noir, s’appuie sur une étude très précise de ces fameuses sorcières, des document ou bibliographie. Le nom était une sanction incontournable. Une femme fait des enfants, reste à la maison. Sinon on la torture et elle avouera tous les péchés du monde. Femmes exploitées ne peut se rebeller sous peine de mort. On finira par tiret un trait pudique sur ces chasses aux femmes quand celles de la haute société commenceront à en faite les frais, qu’il sera bien établi que la patriarcat sera la loi. Même les révolutions n’y suffiront pas pour faire de fa femme l’égale de l’homme. En 1960 une Française ne pouvait pas encore avoir de compte en banque. Un album édifiant qui démythifie une tragédie édulcorée.

Sorcières ! disent-ils, Octopus Delcourt, 18,95 €

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