Un pavé et des histoires courtes d’une rare noirceur, Tim Lane revisite les USA à différentes époques que ce soit pendant la Grande Dépression, la seconde guerre mondiale, la conquête de l’espace ou avec les gangs de motards. Des paumés le plus souvent ou des losers, des méchants sans pitié et des pauvres types, il n’y a pas de concession chez Tim Lane avec Les Solitaires. Une rapsodie en noir majeur qui brouille les pistes sans la moindre trace d’humour même décalé.
Un jeune homme dans un wagon pris en marche avec un vieux type pas net, ce sera une leçon qui lui sauve la vie. Les dès sont jetés dès la première des quarante histoires de ce recueil. Les notes d’un citoyen de seconde classe, un passager en stop qui avale une drôle de mixture et retour au train, on suit les cauchemars d’un esprit en transe. On tourne en rond dans un univers où la réalité s’estompe parfois mais revient au galop. Des nouvelles, des dépliants ponctuent l’ouvrage qui se décline aussi en épisodes. Un mitrailleur de bombardier B 17 blessé en vol, des photos de femmes en noir et blanc comme tout l’ouvrage, un cow-boy tueur, on passe en revue un monde sous tension et effrayant, désespérant.
On accroche ou pas. Pas de juste milieu avec Tim Lane et dans le cas des Solitaires on se perd un peu dans un roman graphique qui ne dit pas tout. Rester indifférent est impossible. Le montage de Tim Lane, son dessin, ses changements de formats, de style sont par contre étonnants. Pour l’ensemble c’est un assemblage assez hétéroclite de culture US dont on se sent assez éloigné.
Les Solitaires, Delcourt, 29,95 €

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