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On est chez nous, l’extrême-droite en direct

C’est une incursion dans un milieu difficile à pénétrer. L’extrême-droite française ou pas, laisse peu filtrer d’informations vérifiables. Une nébuleuse bien cadrée. Avec On est chez nous, Sylvain Runberg, scénariste, et Olivier Truc, romancier et journaliste qui connait particulièrement bien le milieu, en particulier dans les pays Nordiques, sont allés au contact pour leur série en deux tomes. A quelques mois des élections municipales, leur envoyé spécial part enquêter sur une municipalité française gérée par l’extrême-droite. Dans le sud de la France. Mais c’est à un meurtre à connotation raciste auquel va se trouver aussi confronté, avec ses confrères, Thierry Mongin, un pur et dur du métier. Nicolas Otero est au dessin (auteur avec Galandon du remarquable La Tuerie). 

Quand il débarque avec d’autres journalistes à Tarvaudan, Mongin, du journal Focales, vient faire un reportage sur cette municipalité d’extrême-droite où deux ténors du parti s’affrontent. Le maire sortant Roland Delonnais et Chloé Vanel, nouvelle égérie du parti Nation et Liberté. Après quatre ans de retraite volontaire, la jeune femme a décidé de repartir avec comme objectif final les Présidentielles. Et Delonnais contraint de laisser la place fait la gueule. Le parti d’abord. Quand deux chasseurs découvrent le cadavre pendu d’un clandestin, la tension monte à Tarvaudan. Mongin se consacre à l’enquête sur la gestion et la politique alors que son patron et les autres médias flashent sur le meurtre d’autant que le corps porte l’inscription On est chez nous, slogan du parti. Difficile de faire mieux, sauf que les apparences sont parfois trompeuses.

Comme le disent les auteurs toute ressemblance avec des personnages, des lieux existants serait le fait du hasard. On ne s’étend pas car bien sûr qu’il y a plus que similitude, Chloé en tête, dans la BD. Reste ensuite le scénario, en fait, très classique aussi bien sur le fond que sur la forme. Un polar social et politique dont l’extrême-droite est la base, sa gestion, ses manipulations, son art de se rendre acceptable. Mais ce que montrent les deux co-scénaristes, c’est que le naturel revient au galop. Même si il y a des points en commun avec bon nombre de partis, favoritisme, pressions. On retrouve le journaliste de presse quotidienne régionale, des conflits qui vont dégénérer, la garde rapprochée du maire. Au total, on a un ensemble à la fois clair sur le sujet et parfois téléphoné. Vitrolles, Orange, Béziers, le risque est, comme le dit Jean-Yves Camus dans la postface du dossier spécial la vision négative extérieure des villes concernées et celle positive d’au moins une partie de la population. Ce que risque de remontrer les prochaines élections. Cette différence On est chez nous la montre et la décortique bien. A suivre pour constater impact et pertinence au final du projet.

On est chez nous, Tome 1, Soleil brun, Éditions Robinson, 14, 95 €

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