Les Miroirs du crime, Pigalle à feu et à sang

Après Pornhollywood, retour en France dans les années cinquante pour le duo Dominique Hé et Noël Simsolo. On retrouve l’ambiance des polars noirs de ces années d’après-guerre. Lemmy Caution, Le Gorille, San Antonio de la belle époque et les films avec Gabin, Blier, Ventura en noir et blanc bien sûr. Pigalle est une proie tentante pour un nouveau baron de la pègre qui ne fait pas dans le détail mais les truands, au moins certains, ont encore une échelle des valeurs. Simsolo, Monsieur Cinéma, fait faire à Melville et à Léo Malet de la figuration dans ce premier volume d’un diptyque sanglant que Hé, avec son talent en ligne claire, mène d’un trait toujours aussi enthousiasmant.

Les Miroirs du crimeDe retour d’Indochine en 1954, Vincent règle son compte à Marseille à un commissaire de police qui a trahi son réseau pendant la guerre et refuse de travailler pour un gang de trafiquants de drogue. Arrivé à Paris son frère Guy Natale, lui propose de prendre la direction d’un club qu’il vient acheter, « L’Ange des maudits ». Ils sont pris sous le feu de tueurs après la signature de l’acte de vente. Vincent est tué, Guy est sauvé par un clochard de passage qui est blessé. Il comprend vit que c’est l’ancien patron de la boite, Fred qui est dans le coup et qui en plus est le père de sa filleule. Il aurait agit sur ordre d’un certain Saint-Napi qui veut devenir le caïd de Pigalle pour vendre de la drogue et prostituer des mineures. Pour cela il doit récupérer les cabarets de Guy. Le clochard est soigné par un médecin pas trop regardant. Mais les tueurs sont lâchés dans Pigalle avec Fred pour cible. Chez les poulets on s’interroge.

Nerveux le polar, on ne lambine pas dans l’action. On fait dans le cadavre à tour de bras et tuer ça peut devenir un tic. Les méchants sont de sortie mais ils vont y laisser des plumes. Simsolo a condensé ses classiques. Pas un sourire dans ce polar brut de décoffrage. Les grandes manœuvres vont se poursuivre dans le tome 2 de ce long-métrage sur papier au dessin qui fait redécouvrir de belles atmosphères oubliées.

Les Miroirs du crime, T1 Les Tueurs de Pigalle, Glénat, 13,90 €

Les Tueurs de Pigalle