Une sortie qui vient s’ajouter à l’album des Charles, Au coeur du désert, un western haut de gamme. Avec Histoires de l’Ouest on retrouve l’un des plus grands noms du 9e art sur le sentier de la guerre. Serpieri a en effet raconté par le détails et en histoires courtes une conquête par la force des terres indiennes et au passage réduire la population, pratiquement l’exterminer pour au final la parquer dans des réserves pitoyables. Roberto Guarino et Matteo Pollone préface ce recueil. Et détaille l’affrontement inégal que Serpieri décrit dans ses pages, sur des scénarios très étudiés, anthropologue et non pas comme nombreux autres dessinateurs sans respect du contexte historique, digne entre autres du folklore western cinématographique. Une entrée en matière qui vaut presque à elle seule le détour. On a bien dit presque car le trait académique, fouillé de Serpieri est étonnant d’authenticité et de vraisemblance.

Un chaman, un inspecteur aux affaires indiennes, une trahison et Catawekee finit au bout d’une corde. Mais après sa mort son fantôme se venge de ses assassins. Pour un Indien marquer le coup est avant tout d’humilier l’adversaire sans le tuer. Cela ne vient qu’ensuite. Deux soldats sans foi ni loi, Le Rat et Cotty Plimp qui rabâche son nom on tue uns squaw et lui ont volé son collier. Erreur car elle était marié à un Blanc à qui sans le savoir ils vont se confier. La suite on s’en doute mais la vengeance sera à la mesure des traditions. La fin surprendra. Fox Tail avait confiance dans l’écriture des Blancs mais une fois comme il ne sait pas lire on va se moquer de lui. Donnant donnant Fox Tai car il a de l’humour. Le bison n’est plus le roi de la prairie quand ils la partageait avec les Indiens. Respect mutuel jusqu’au jour où l’homme blanc arrive en masse et massacre les troupeaux.

Un cumul de mini-westerns toujours très concis avec à chaque fois une idée maîtresse, un héros atypique, Sitting Bull, Crazy Horses, la création d’une ville comme Salt Lake City par les Mormons prêts à tout. 352 pages et une interview de Serpieri au final qui se livre, parle de sa passion des chevaux. De la fiction en partie mais aussi une documentation sans fausse note. Histoires de l’Ouest est devenue une référence en la matière plus près de Leone que de Ford. Tout en étant cependant très marquée graphiquement par l’époque et toujours avec des personnages féminins forts beaux dans la lignée des récits érotiques de Serpieri.
Histoires de l’Ouest T2, Glénat, 39 €

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