Histoires du quartier T2, à couper le souffle

Une émotion palpable à chaque case, pas de fioritures inutiles, un état des lieux impitoyable, ce tome 2 de d’Histoires du quartier est à couper le souffle. Gabi Beltrán y raconte sa vie, sa jeunesse sans garde-fou. Et Bartolomé Seguí la met en images, en dessin avec une justesse de trait qui colle au parcours sans amour d’un jeune garçon à Palma dans les années quatre-vingt.

Histoires du quartierGabriel a dans son quartier des copains plus ou moins recommandables, une grand-mère qu’il adore, une mère qui tente de sauver ce qu’elle peut d’une famille à la déroute. Tout au long des histoires courtes que vit Gabriel il y a une recherche éperdue d’amour ponctuée par de courtes lettres d’introduction qui percutent à chaque mot l’indifférence possible du lecteur. Mais impossible. Gabriel est le témoin de sa propre jeunesse, désabusé et parfois ironique, finalement plus sage et conscient que beaucoup d’ados favorisés. La folle sur le balcon, la Suédoise qui finira par le sauver de lui-même, Benj l’ami fidèle, Gabriel est lucide, froid malgré son besoin d’amour.

Étonnant qu’une BD puisse porte en elle autant de tension palpable. Sûrement par ce qu’on sait que tout est vrai dans le récit de Beltrán et que comme il le dit en conclusion il ne faut pas se tromper sur la vie. Il y aussi le rythme de l’écriture relevé par le dessin de Seguí qui l’accompagne avec puissance et abnégation. Le duo d’auteur est splendide, prend aux tripes et laisse sans voix.

Histoires du quartier, Tome 2, Chemins, Gallimard Bayou, 19,90 €

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