La dernière campagne présidentielle a été la pire que l’on ait connu. A plus d’un titre. Candidats en déshérence, programmes occultés, course à l’information spectacle digne des pires des tabloïds, manipulations diverses, absence de recul de la plupart des médias. On sait la suite de cette campagne dont la raison était quasi absente, course folle aux rebondissements imprévisibles, téléguidés, amplifiés. Renaud Saint-Cricq raconte cette campagne. Journaliste au vrai talent d’investigation il en signe, avec notre confrère Frédéric Gershel malheureusement grièvement blessé en Irak, Le Journal du Off. Saint-Cricq s’est invité, avec l’aide d’autres journalistes, dans la campagne et restitue ces mots, ces phrases authentiques souvent assassines d’un personnel politique égal à lui-même, dépassé et à la prétention évidente, à l’ego démesuré. Avec le recul on reste stupéfait. Le dessin de James appuie là où ça fait mal sans vraiment caricaturer. Il met en scène des femmes et des hommes qui croient en leur destin quoiqu’il arrive, superbes et pas vraiment généreux. Finalement, jamais une campagne n’avait autant ressemblé au radeau de la Méduse sur lequel seul Emmanuel Macron saura ne pas s’embarquer et deviendra, logiquement, le président élu par les Français, dynamitant des partis qui n’ont pas encore tout compris. Il suffit pour s’en convaincre de suivre la campagne suivante, celle pour les législatives. J-L.TRUC
Le Journal du Off, Dans les coulisses d’une campagne présidentielle folle, Glénat, 15 €
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