Paris 1897, Madame Dambreville est une fascinante entomologiste. L’inspecteur Amaury Broyan se sert de l’opium pour oublier la mort de sa fille (lire les albums précédents). Son chef le commissaire Gayor clone de Hercule Poirot joué par David Suchet lui doute sur la santé mentale de son collaborateur. Deux affaires sont à traiter, une avec Méliès qui a inventé le cinématographe cause de l’incendie de la Charité et un homme tombé du deuxième étage au Muséum d’Histoire Naturelle à Paris. L’inspecteur Tissot prend la première, Broyan la seconde. Tissot revient sur le drame avec Méliès dont l’avenir du procédé est compromis. Broyan apprend que la victime Jean Vuillermot, avocat, s’était caché après la fermeture au Muséum. Il semblait selon un gardien possédé, comme se battant contre des fantômes invisibles. Quand arrive Madame Blanche Dambreville spécialiste des insectes et qui se doute que Broyan se drogue. En rentrant chez lui le directeur de banque Montgeron a des hallucinations, attaqué par des centaines d’araignées et se jette de son fiacre pour s’empaler sur une grille. Tissot empêche Broyan de se droguer. Il a besoin de lui pour cette série de morts étranges. Pas de cause, des piqûres mais Montgeron est un rescapé du Bazar et en est sorti en écrasant femmes et enfants. Blanche se rapproche de Broyan qui pour elle respire le pessimisme. L’avocat était aussi au Bazar. Une piste s’ouvre d’après Ambre qui avoue qu’elle est veuve.
Le suspense demande que l’on n’aille pas plus loin. Le scénario est comme toujours avec Pelaez savoureux et intelligent, subtil. Le couple Ambre-Broyan tient le haut de l’affiche. Le dessin à environnement art-nouveau aux pages ponctuées par des poèmes est superbe. Broyan va remonter des filières inattendues, se trouver face à des impasses ou à des évidences auxquelles il ne voudra pas croire au point de faire vaciller ses esprits. Et il va prendre des risques avec la veuve noire. Un bel album qui en plus ne tombe pas dans le polar classique et ses facilités. Il faut lire aussi les premiers et attendre le dernier, l’Eté.
Printemps à la Charité, 72 pages, Grand Angle, 17,90 €
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