Assassins, les psychopathes célèbres, que du beau monde

Il n’y a que l’embarras du choix. En consacrant un album aux Assassins, psychopathes célèbres, Jeff Pourquié et Théa Rojzman ont mélangé un joli échantillonnage de cas douteux. Si Adolf figure dans la partition, idem pour Jack l’éventreur voire Charles Manson, on connaît moins Belle Gunness ou la gamine Mary Bell, un cas douteux précoce. Chaque histoire est vue par l’œil ou les yeux de monsieur et madame Toulemonde sous forme d’histoires courtes. Du politique véreux au prêtre exorciste en passant par un numérologue de province, des narrateurs vainqueurs. D’accord mais ensuite l’humour noir fait le reste car on n’est pas chez les Bisounours. Et de loin.

Assassins Un parcours londonien dédié à Jack l’éventreur, c’est le choix d’un fou de chiffres qui, avec sa copine, suit à la trace le parcours meurtrier à Whitechapel en v.o. Mais qui était Jack ? Les chiffres donneraient-ils la solution ? Belle Gunness, la yankee, n’a pas fait dans le dentelle. Une obsédée des assurances vie. Surtout de se les faire payer. En 1908, on découvre qu’elle y est allée fort. Elle aurait tué ses 5 enfants et grosso modo au total une cinquantaine de personnes. Sans qu’on sache ce qu’elle est devenue. C’est un assureur au petit air de Louis Jouvet, qui, de nos jours, raconte sa vie à un client qui a intérêt à signer son contrat. Il y a aussi le brave Docteur Petiot, fou à lier devenu médecin. Comme quoi. Et ses patients, pendant la guerre, n’ont eu droit qu’à une seule consultation. Mortelle. Un doué Petiot, rusé, résistant de la dernière heure, qui échappe provisoirement à la police en se faisant passer pour son frère. Qui de plus concerné qu’un député-maire pour s’intéresser à lui.

Les psychopathes célèbres

On passe sur Hitler, grand moment d’horreur connue et de décalage graphique comme scénaristique. Gaspard, intermittent du spectacle, fait avec lui dans le stand-up pédagogique. Avec Adolf c’est pas gagné. Final avec Marry Bell dont on ne dira rien. Chut. Horrifique et méconnu. L’humour sauve le pire. C’est encore une fois vrai. On s’interroge sur la violence ordinaire de gens qui le sont aussi ordinaires. Le dessin de Pourquié est insistant, fin et enlevé. Le tout dénote et fait mouche.

Assassins, les psychopathes célèbres, Fluide Glacial, 16,90 €