Chez Adolf T2, fermer les yeux

Une série qu’il faut suivre de près car même si l’Histoire ne se répète pas, elle peut avoir des hoquets, des dérives qui ont des points communs avec les pires moments de l’humanité. Chez Adolf, c’est un bistrot allemand au début des années trente, banal, avec des gens normaux. Un prof de Lettres qui a compris qu’il vaut mieux composer, adhère sait-on jamais au parti nazi quand, justement, un autre Adolf à moustache prend très légalement le pouvoir, impose le nazisme à un peuple qui n’en demandait peut-être pas tant mais qui va rapidement s’y faire. A condition de ne pas être juif, tzigane, homosexuel, communiste. Et voilà Rodolphe dans la chronique ordinaire de monstres en puissance pourtant indécelables qui hurleront avec les loups. Édifiant ce tome 2 où on va aller jusqu’en 1939. Très rarement a été évoqué la vie au quotidien des Allemands de 1933 à 1945 hormis bien sûr par Kerr dans ces romans. Le dessin de Ramon Marcos est sur la ligne du récit, marquant et édifiant.

Chez Adolf

1935, la Sarre redevient allemande puis la Rhénanie est rendue. 1938 l’Autriche rentre dans le Reich. Les Sudètes ensuite. Chez Adolphe, on discute. Vive Adolphe, l’autre le moustache même si chez les anciens combattants de 14, on pense que ça « répétera ». Karl, le prof, lui il ne sait pas trop. 1939 commence. Son meilleur ami Hugo Von Harnim se tue en voiture et la Gestapo enquête car cela pourrait bien être un meurtre. Interrogatoire et filature car Karl se rapproche de Hilde la compagne de Hugo. Karl reconnait être un perpétuel hésitant. Les exercices de défense passive en cas de bombardements commencent. Les Juifs sont recensés et surveillés. Des voisins juifs de Karl doivent quitter leur appartement.

Chez Adolf

La guerre se prépare, l’Allemagne nouvelle parade et va mener le monde entier vers le pire conflit de son histoire. Karl fait partie de ces anonymes qui n’ont pas su dire, voulu dure non quand il était encore temps. A moins que. L’éducation des enfants est reprise aussi en main. Que va faire le gentil, faible, lâche et si humain Karl pris au piège et bientôt détenteur d’un secret mortel ? Très bien mené le scénario de Rodolphe, on l’a dit. Encore deux tomes.

Chez Adolf, Tome 2, 1939, Delcourt, 14,95 €

1939