La Peau de l’autre, sauver la face

Serge Le Tendre est allé faire un tour dans le New York des années 40. Deux musiciens rêvent de Broadway mais 1941 n’est pas un bon cru pour les USA ni pour les « boys » qui vont aller faire la guerre en Europe ou dans le Pacifique. Mais il y a toujours de petits malins qui savent tirer les marrons du feu. Une version qui tend vers le Fantôme de l’Opéra revu et modernisé, La Peau de l’autre a de bons ressorts scénaristiques. On n’apprend pas la musique à Le Tendre et c’est le cas de le dire. Gaël Séjourné, de A la vie à la mort ou à J’ai tué John Lennon, a le dessin réaliste souple qu’il fallait à cette intrigue psychologique forte.

La Peau de l’autre

Décembre 1941, Harvey et Ross travaillent sur une comédie musicale. Harvey a des idées sympas comme un certain Pi, pop, pidou pow à la fin d’une chanson qui pourrait bien marcher même si Ross n’y croit pas. Edith va épouser Ross alors qu’Harvey en est fou. Arrive l’attaque japonaise sur Pearl Harbor et Harvet qui devient copilote sur B-17 en Europe. Au cours d’une mission l’avion est abattu. En voulant sauver ses camarades après le crash, Harvey a le visage brûlé et est défiguré. Mais le pilote qu’il a sorti des flammes est chirurgien plasticien. A l’hôpital, Harvey découvre dans la Presse que Ross est devenu célèbre avec leur chanson dont il s’est attribué la paternité.

La Peau de l’autre

Une histoire de vengeance est la base de ce thriller doublé d’une machination très cinématographique. Mais ce ne sera pas aussi simple et Le Tendre ajoute quelques couches supplémentaires peu banales à son histoire. La suite promet d’être tendue et violente. Séjourné assure et Rodolphe est pour le moins convaincant, classique et percutant.

La Peau de l’autre, Tome 1, Pile & face, Grand Angle, 14,90 €