La mort de Raspoutine est à elle seule un roman. Dans Petrograd, sur des bases historiques, Philip Gelatt et Tyler Crook revisite cet épisode sans équivalent de l’histoire du XXe siècle.
Un Anglais, Cleary, est chargé d’infiltrer les révolutionnaires et de les dénoncer à la police du Tsar. Mais plus machiavélique encore, sur les ordres de son chef et parce qu’il connaît un prince russe, Youssoupov, Cleary va suggérer sans y croire qu’il faut tuer Raspoutine.
On connaît la fin de Raspoutine, indestructible sous les coups porté par Youssoupov entre autres et que l’on retrouvera dans le fleuve gelé. La version de Gelatt est pertinente sur la façon dont le complot est monté par un homme qui, finalement ne souhaite plus le meurtre tout en en étant l’acteur principal. C’est la part psychologique, la manipulation qui fait la force de ce roman graphique documenté, bien mis en scène hormis quelques longueurs. On pense à de l’espionnage dans le style de John Le Carré. Qui est l’instrument de qui et toujours le rôle authentique de l’Angleterre dans ce genre de coup tordu.
Petrograd, Urban Comics, 22, 50 €

Articles similaires
Pas souvent, on le reconnait que le manga vienne se faire une place dans cette…
Sacré Raspoutine, il n'y avait que lui pour maintenir le tsar sur le trône et…
C'est l'une des figures les plus mythiques et représentatives de l'histoire de la Russie. On…
Si ça vous tente de vous prendre (où que votre progéniture essaye) pour un des…
Quelques comics, trois au total dans des genres différents, historique, classique et fantastique. Hauts et…
Depuis cinq ans l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée récompense une bande dessinée…
Un vampire né aux États-Unis, un buveur de sang qui ne doit rien au vieux…
Un dessin typiquement réaliste à la Norman Rockwell , une ambiance de polar des années…