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L’Enfer pour Aube, on règle les comptes à Paris

Paris fait peau neuve après la Commune mais le crime est toujours de la danse en ce début de XXe siècle. Un tueur mystérieux dans la lignée des grands feuilletons de l’époque, L’Enfer pour Aube est une variation policière et politique, sociale au moment où le monde change. Philippe Pelaez (Le Bossu de Montfaucon avec Eric Stalner) est au scénario avec au dessin Tiburce Oger (Go West young man) dont tout le talent s’exprime sans retenue avec un luxe de détails, de soucis des belles ambiances et des personnages aux reliefs saisissants. Un diptyque en noir et blanc aux quelques touches de couleur où les Apaches jouent du surin et où les vengeances se mettent en place.

Paris est un chantier, défiguré par les combats de la Commune et par les travaux d’Haussmann. On inaugure le métro et sur l’un des wagons, Berry le politicien voit un homme masque drapé dans une cape portant écharpe. Il pénètre dans le wagon, jette une grenade, saute et le métro déraille tuant les occupants. Dans la bouche de l’un des morts on trouve un Louis d’Or. L’inspecteur Gosselin est chargé de l’enquête mais semble être malade. Toutes les pistes et même les plus racistes sont ouvertes. Gosselin a besoin qu’on lui prescrive des médicaments de plus en plus forts. L’homme au masque récidive sur la Butte. Deux morts dans un fiacre dont un fusillé contre un mur. Les massacrés de la Commune se rappellent au pouvoir. Une fois de plus Gosselin trouve un Louis d’Or dans la bouche d’un cadavre. L’inspecteur interroge l’épouse d’une des victimes. Le scandale du canal de Panama refait surface.

Un homme en souffrance à tout point de vue Gosselin, des indics, des Apaches qui n’apprécient pas que le mystérieux criminel relance l’action de la police. Des unes du Petit Journal scandent les chapitres. L’homme à l’écharpe c’est là le vrai détonateur de toute cette affaire bien mise en scène. Retour sur le passé, l’injustice, on frémit. Lupin, Fantomas, Rouletabille, des références parmi lesquelles s’insère L’Aube. Des drames et des hommes, fiction et réalité, un suspense de beau niveau et Tiburce Oger au zénith. Voilà tout simplement une bonne BD.

L’Enfer pour Aube, Tome 1, Paris Apache, Soleil Éditions, 15,95 €

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