Ghost Kid, jusqu’au bout de la piste

On avait interviewé Tiburce Oger à la sortie de son excellent western Buffalo Runner. Un cow-boy vieillissant, Edmund Fisher, racontait sa vie faite de drames et de chasse aux bisons. Mais une malédiction semblait peser sur lui. On avait pensé qu’on retrouverait Edmund selon Tiburce Oger « peut-être à la frontière mexicaine à la recherche de certains de ses proches qui ont disparu dans ce premier album ». C’est fait, enfin presque. Avec son dernier album, un western bien sûr, Edmund est devenu Ambrosius Morgan, tout autant cow-boy à la ramasse qu’Edmund qui découvre qu’il a eu une fille autrefois, qu’elle est vivante mais a disparu. Ghost Kid est la quête d’un homme qui fera tout pour sauver le peu qui lui reste, à n’importe quel prix flanqué d’un jeune Indien qui pour lui est un fantôme. Autant dire qu’une fois encore Tiburce Oger a concocté un western qui rassemble tout ce que l’on a aimé ou on aime du genre, sa patte en plus, une sorte de condensé dans lequel Eastwood, Gary Cooper, Leone, Lancaster, Kirk Douglas et les autres sourient, font des clins d’œil à Morgan, leur digne comparse sur les pistes d’un Ouest qui se meurt mais restera à jamais inoubliable. Sortie le 19 aout avec aussi une version luxe en noir et blanc parue en juin à 25,90 €.

Ghost Kid

Perdu dans les neiges, en 1896, Mc Dougall rejoint son vieil ami « Old Spur » Ambrosius Morgan qu’il vient remplacer. Il lui a amené une lettre de Anna Saint-James avec laquelle il a eu une liaison il y a plus de vingt ans. Une fille en est née, Liza. Anna s’est mariée, a eu d’autres enfants mais Liza a disparu à la frontière mexicaine avec son époux. Il faut que Morgan parte à sa recherche ce qu’il décide de faire après s’être confié à sa patronne, Mérédith, avec qui il a une liaison. Elle risque d’être obligée de vendre son ranch à un truand patron de saloon, Dougherty, chez qui Morgan a mis son Colt en gage. Il doit le récupérer mais rien ne se passe comme prévu. Morgan commence alors sa longue route qui va croiser celle d’un jeune Indien.

Ghost Kid

Oger a signé un bel album, une vraie histoire dans la lignée de ce que doit être western, une fiction d’aventure et d’action. Son Ambrosius a le Colt facile et précis, des sentiments et une sorte de fatalisme qui finira par le mener peut-être à bon port. C’est un type fidèle à une certaine image de lui-même à qui Oger a donné vie de son trait si reconnaissable, léger, parfois légèrement caricatural, chaleureux, profond. Avec son fantôme qui l’escorte, Old Spur, pudique, secret mais déterminé est aussi un dernier des Mohicans dans un monde qui s’efface, celui de l’Ouest sauvage. Oger a de l’humour, son héros aussi à coups de 45. On ne lâche pas un instant cette chevauchée qui va croiser la route de tous les mythes du western classique, des Indiens renégats, la Cavalerie, et celle aussi d’un Undertaker au destin funeste surmonté d’un vautour facétieux.

Ghost Kid, Grand Angle, 18,90 €, Édition luxe Noir & Blanc, 25,90 €

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