Raven, Lauffray et ses pirates partent à la chasse au trésor le 29 mai

Il avait déjà déjà marqué des points en remodelant, réactualisant l’univers souvent utilisé des pirates en BD. Mathieu Lauffray, après Long John Silver avec Dorison, s’embarque cette fois seul dans l’aventure, texte et dessin. Des pirates, il y en a, et pour cause, dans ce retour à la Tortue au XVIIe siècle. Raven, le héros, est prêt à tout pour faire fortune. Un pirate français sans états d’âme, beau gosse, qui aime la vie, les femmes, la liberté et les doublons en or. Alors quand il entend parler de trésor, il n’hésite pas. Mais pourrait bien tomber sur un os. Une histoire comme on les aime, certes en partie classique mais avec de belles trouvailles scénaristiques dont ce Morne du Diable où vont se recouper des destins improbables sans oublier Lady Darksee. Le dessin est lui parfait, on pense à Pratt, à Giraud par le thème (Raven serait-il un nouveau Blueberry des mers du Sud ?) , le souligné, les attitudes, mais c’est avant tout du très grand Lauffray qui a fait aussi les couleurs. Sortie décalée le 29 mai. Et une interview de Mathieu Lauffray que nous publierons sous peu.

Raven Un doué Raven qui se bat aux côtés du capitaine Black Vane. Quand un galion espagnol pointe son étrave, pas question de le laisser s’échapper et c’est Raven, un pirate français, qui monte à l’abordage au milieu de la mitraille. Pas un tendre le garçon qui prend comme butin une belle brune. Erreur car la donzelle préfère faire sauter le navire plutôt que de céder à Raven. A l’eau le ténébreux, comme ailleurs, les passagers et l’équipage de L’Oriflamme sur lequel navigue le comte de Montignac, nouveau gouverneur de la Tortue dont la place erts occupée pour l’heure par un sordide . Seule solution échouer le navire sur une île à sale réputation, le Morne du Diable, peuplée de cannibales et au volcan en activité. Pas le choix. A la Tortue, Raven qui s’est sorti de l’explosion du galion, revient, seul une fois encore, survivant unique du combat, une habitude qui déplait aux autres flibustiers. Trop de chance le Raven porte-poisse, alors qu’on attend Montignac à la Tortue. Mais Raven aimerait bien se rapprocher d’une femme pirate, Lady Darksee, qui pourrait partir à la chasse au trésor contre un pardon royal histoire de voir oubliées ses mauvaises habitudes.

Tout se met en place. Le personnage de Raven se bâtit dans ce premier tome très enlevé, riche en décors, ambiances, trognes et caractères. Lady Darksee la redoutable pirate borgne, Anne la fille du gouverneur, L’Île au Trésor n’est pas loin, ni Les Pirates de Caraïbes. Lauffray apporte son coup de crayon, ses influences cinématographiques et son talent à cette fresque héroïque, endiablée avec une Lady Darksee digne ancêtre sur mer de Lady X dans les cieux. Un beau moment de plaisir sans temps mort avec un Raven sympathique et tordu à souhait, des pages qui explosent d’action. Trois albums sont prévus.

Raven, Tome 1, Némésis, Dargaud, 15 €