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L’âge bête, histoire des débuts d’une vie

C’est un grand classique, une expression intemporelle qui a touché tous les ados depuis Adam et Eve. Enfin on le pense. Tout adulte est passé par l’âge bête, encore que le terme le soit plus encore que le phénomène dont généralement tout un chacun a (presque) oublié les effets passés. Jonathan Munoz a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice. Un album autobiographique qui fait suite au Petit journal d’un gros fragile, souvenirs de son enfance dans les années 80. Un vrai délice que l’on avait adoré. Cette fois il couvre son adolescence de 11 à 20 ans avec humour, de la tendresse pour cet âge qui celui de la jeunesse perdue. Il y a des hauts et des bas dans l’âge bête, une évolution inévitable mais pas vraiment joyeuse cela dit quand on lit Munoz. Car bête est faible comme mot pour qualifier les crétins décervelés, voyous qui aujourd’hui sont des plaies que les générations précédentes n’ont pas connues. Triste à envisager quand on a des petits-fils. Car Munoz est dans une réalité qui n’ira qu’en s’aggravant mais dont on se sort quand même pour passer à la suite. Heureusement.

Petit garçon pudique chez les naturistes, un début d’adolescence un brin raté. A 12 an il y a l’école des grands et les demeurés notoires aux expressions si riches à faire pâlir un Goncourt. La violence aussi, nique sa mère les maths. Des cools il y en aussi mais il est trop gentil le gamin avec ses feuilles. Il y a le papa idéaliste qui va quand même payer les Nike. Et la blouse pour tous ? Juré ça calmait les obsessions vestimentaires. En fait au fil des pages on découvre que l’âge bête c’est celui de la connerie institutionnalisée, une forme actuelle primaire de méchanceté et d’absence d’éducation. Merci les parents. Mais il y a aussi de bons moments. Le physique, le sien que l’on peut haïr, les vannes, les nouvelles technologies. Finis les 45 Tours, la mini cassette. La VHS, le CD, un peu de vol chapardage mais ça c’est pas nouveau. Lascars qui se reproduisent, harcèlement, et puis grand chagrin, la mort de son papa. Pas juste.

On oscille entre plusieurs mondes avec Jonathan Munoz. Le titre de l’album est dépassé en fait par le fond. Histoire d’une jeunesse qu’elle soit bête ou pas, elle est humaine et c’est la sienne. Il y aura les filles, le premier grand amour qui marque à jamais. Les planches sont autant de témoignages bien vus, poignants jusqu’à ses 20 ans, pas vraiment marrant et pour cause. Ensuite tu seras un homme mon fils. A chacun sa vie.

L’âge bête, Fluide Glacial, 13,90 €

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