Verdun avant l’orage, Joffre incompétent pour une bataille programmée

1916, c’est l’année de la bataille de Verdun et son centenaire que l’on commémore. Joffre qui sera pourtant magnifié n’a pas cru que les Allemands attaqueraient à Verdun alors que les renseignements français et son état-major le savaient. Obtus Joffre, et à la clé 300 000 morts dans les deux camps. Jean-Yves Le Naour est l’un des historiens spécialistes de la guerre de 14. Après La Faute au Midi, Les Taxis de la Marne ou François Ferdinand il revient sur Verdun avec Marko (Les Godillots) pour la mise en scène et Iñaki Holgado au dessin. Le constat est sans appel et pourtant l’armée française a tenu. Un certain Pétain en sortira vainqueur.

VerdunEn décembre 1915, Driant député de Nancy mais enrôlé dans l’armée alarme ses confrères de l’Assemblée sur les risques d’une offensive allemande sur Verdun et ses forts que l’on désarme. En théorie le pouvoir civil peut imposer ses choix aux généraux. Joffre ne croit pas à Verdun et méprise même ses officiers qui eux en sont certains. Général en chef, il est tout puissant mais surtout incompétent. La pluie retarde l’offensive. Février 1916, les Allemands attaquent. C’est un déluge de feu. 60 millions d’obus seront tirés pendant toute la bataille, un million pour la seule journée du 21 février 1916. Les lignes françaises  sont écrasées. Joffre appelle Pétain à la rescousse. Mais le fort de Douaumont est tombé.

Il faut vraiment lire ce récit parfaitement condensé sur Verdun. Le Naour sait aller à l’essentiel, décrire avec le dessin de Holgado et la maîtrise de Marko l’enfer de cette bataille sans égale. Il laissera chez ceux qui en sont revenus un  souvenir écrasant de peur et d’horreur mais aussi de fierté, une vraie reconnaissance pour Pétain qui va gagner au final la bataille. Quand on a eu la chance de connaître un grand-père qui avait « fait Verdun » on sait que l’album est authentique. Pour Pétain en reparlera en 1917 et en 1940. C’est une autre histoire. Joffre s’en tirera. La suite de la bataille dans le prochain tome.

Verdun, T1 avant l’orage, Grand Angle, 13,90 €