Noir Burlesque, Enrico Marini s’est fait son film

Un polar, dans la plus pure tradition des héros à la Bogart, Widmark, Palance, Glen Ford, James Stewart. La liste est longue, et d’une qualité imparable, si on y ajoute Hammett, MacCoy, Ed McBain, Chester Himes ou Chase. On n’oublie pas les belles, Bacall, Davis, Gardner, Hayworth. Avec Noir Burlesque, on aurait tendance à penser qu’Enrico Marini est dans une sorte de synthèse, un hommage, une envie. Il signe un roman graphique, une BD en fait peu importe, un film sur papier, où il a mis tous les ingrédients parfois revus sans vraiment corrigés du cinéma et du détective novel US, anglo-saxon. Slick et Caprice forment un couple qui reprend le mythe sans le dénaturer. Découpage, mise en scène, prises de vue, Marini s’est fait son film. Il exposera ses planches à la Galerie du 9e Art du 2 au 31 décembre 2021. On y reviendra.

Il l’embrasse ou il la flingue avec son 45 auto la belle rousse qui débarque dans la piaule ? A voir car il y a un reliquat entre les deux tourtereaux. Un hold-up dans une bijouterie où Slick masqué sans s’en sort et va faire un tour dans un cabaret où la belle Caprice fait son numéro de burlesque de retour de Vegas. Feutre sur le coin de l’œil, amateur de cocktail White Slick, il cogne le barman et assiste au spectacle de la belle rousse. Mais Punchy, petit truand dans tous les sens du terme et acteur de seconde zone, cousin du patron des lieux, Rex, déboule rejoint par Caprice que Slick a connu sous le nom de Debbie. Elle est la « poule » de Rex avec qui Slick est en affaire. Ce qui n’est pas un cadeau.

La Lucky au coin des lèvres, costard impeccable, truand à fine moustache, Buick plein pot, et passage à tabac, Slick est dans les ennuis. Marini a sublimé les gris, les teintes sombres et rehaussé de rouge évidemment Caprice. Du Noir et blanc, une bichromie hommage peut-être, La Femme à abattre avec le « poulet » qui attend au coin du bois. Les flingues sont prêts et les Thomson vont cracher. Marini a su aussi ajouter une pointe d’humour décontractée, de l’amour bien sûr, un méchant très grand genre, cruel mais rien de personnel. Le tout se déguste, se regarde mais comme un bon plat dont on connait la recette, les regards en coin, durs et ironiques. Noir Burlesque est un modèle du genre et le dessin de Marini l’excellence. En deux tomes.

Noir Burlesque, Tome 1, Dargaud, 18 €

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