L’Instant d’après, mais lequel ?

Une belle blonde qui se retrouve plongée dans de curieuses affaires de disparitions inexpliquées, des coupables qui pourraient bien être innocents, une année 1969 lunaire et érotique, Zidrou a concocté une drôle d’histoire, L’Instant d’après, qui se lit à plusieurs niveaux. Encore faut-il trouver le bon. Au dessin Eric Maltaite dont le trait est si caractéristique, fort et dont on a plus qu’aimé le Choc. Un album étonnant, mot faible, où finalement le vrai scénariste est peut-être le lecteur.

L'Instant d'après

Strip-teaseuse aux USA en ce mois de juillet 1969, Blandine Lefranc a une intuition quand elle ôte son soutien-gorge. Sa sœur Aline, harpiste de renom en France, a eu un problème. La voiture de son manager et mari Philippe s’est écrasée contre un camion. Il est amoché mais Aline a disparu d’un seul coup, ce qui a provoqué la stupeur de Philippe puis l’accident. Volatilisée en direct la harpiste. Blandine est revenue pour les obsèques alors qu’en prison un détenu, Houdain, archive tous les articles sur des disparitions de ce genre dont il a été lui-même victime. Sauf qu’il a été accusé du meurtre de sa femme sans cadavre. Et quand c’est en plein vol que le pilote du zinc disparait, même si c’est Martin Milan, il y a bobo. Idem pour un dompteur entouré de tigres.

L'Instant d'après

La belle Blandine se retrouve prise au piège de phénomènes qui vont aller en s’amplifiant. Mais pourquoi, comment ? Quelles explications ce bon Zidrou va-il bien pouvoir sortir de son grand chapeau de magicien du scénario ? Aucune et, on le dit tout net, en ayant relu l’album trois fois, soit on n’a rien vu, ni compris, soit plus vraisemblable mais restons prudent, c’est volontaire de la part de Zidrou. Histoire que le lecteur se fasse sa propre histoire et son épilogue. Des E.T., une secte, la quatrième dimension, la fée du Lac, allez savoir. Encore qu’on penche pour bien décortiquer dessins et dialogues des dernières pages, il y aurait peut-être une piste. Mais bon, sous réserve. On va encore le relire cet album envoûté et retrouver avec plaisir un rappel sympa de cette année 1969, Roger Lanzac dans La Piste aux Étoiles, Pierre Tchernia à la TV. Maltaite est parfait dans son dessin non sans humour.

L’Instant d’après, Dupuis, 14,50 €