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Malanotte, malédiction villageoise

On est avec Malanotte assez loin du Petit monde souriant  de Don Camillo, autre saga villageoise italienne portée à l’écran avec Fernandel. Dans Malanotte, c’est aussi l’Italie profonde, un chercheur en traditions populaire qui débarque dans ce village dont il est originaire et ce qui aurait dû être un boulot banal va devenir un chemin de croix. Un ouvrage choc, bouleversant, déstabilisant que l’on doit à Marco Taddei au scénario, La Came au dessin en noir et blanc d’une rare puissance latente. Il y a beaucoup dr morts dans Malanotte, passés, présents, à venir qui hantent un récit parfaitement construit.

Ernesto débarque à Malanotte où il retrouve ses amis d’enfance, le maire Bruno. On l’attend et il a laissé loin du village la femme avec qui il vit, Betta. Avec son magnétophone il veut enregistrer les habitants de Malanotte, des chansons locales. Ernesto est le fils d’Alberto décédé. Le maire lui a préparé une liste de témoins potentiels dont trois vieilles femmes qui attendent Evelina la centenaire du villages accompagnée de sa petite-fille Sarah. Les enregistrements commencent avec leur part de légendes horribles souvent. Il y a aussi Monsieur Zara qui raconte des devinettes, des histoires à clé. Il y en a une qui rappelle à Ernesto un tableau. Sarah et lui se rapprochent. La récolte est bonne pour Ernesto. Il lui manque des berceuses locales. Sarah habite la maison de la famille d’Ernesto où il a grandit. Et où il y a le tableau qui montre la Lune. Sarah l’invite à déjeuner et le maire lui fait faire la visite du village avec pause à l’auberge où il va habiter. Il commence à travailler sur ses enregistrements et entend la berceuse qui raconte une drôle d’histoire, celle de la Pantafa, la sorcière où on entend la voix d’un enfant. Le lendemain il part dans la forêt et trouve un puits et Zara qui se promène près d’une maison en ruines.

La montée en puissance est bien dosée. On part du plus commun vers ce qui sera, suspense oblige, la clé du mystère, de ce passé que va réveiller sans vraiment le vouloir Ernesto. C’est presque du Hitchcock ce Malanotte, personnages ambigus, qui savent, se taisent. Tout en finesse cette course au drame assez inattendue pour Ernesto qui n’en demandait pas tant. Encore que. Le retour du fils prodigue va devenir dérangeant mais pour qui ? Et quel est ce passé qui semble peser sur le destin d’Ernesto ? Un vrai plaisir noir à souhait et psychologiquement abouti cette malédiction villageoise

Malanotte, 144 pages, Steinkis Aux Confins, 24 €

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